Madrid. Le Maroc a profité d’une rencontre internationale consacrée à la cybersécurité, à la lutte contre la cybercriminalité et aux enjeux de justice numérique pour présenter les grandes lignes de sa stratégie technologique, confirmant son ambition de s’imposer comme un acteur régional de référence dans le domaine digital.
Invitée d’honneur lors de ce sommet pré-ministériel, la diplomatie marocaine a mis l’accent sur une approche fondée sur la sécurité, l’inclusion et la centralité de l’humain dans la transformation numérique. L’ambassadrice du Maroc en Espagne, Karima Benyaich, a rappelé que cette orientation s’inscrit dans une vision stratégique portée au plus haut niveau de l’État, visant à accompagner l’évolution technologique sans sacrifier ni la stabilité institutionnelle ni la confiance des citoyens.
Une montée en puissance sur la scène internationale
Le discours marocain s’est appuyé sur des résultats concrets. Ces dernières années, le Royaume a accéléré la modernisation de ses infrastructures technologiques et déployé plusieurs stratégies nationales dédiées à la cybersécurité, ce qui lui a permis de progresser dans les classements internationaux.
Cette dynamique place aujourd’hui le Maroc parmi les pays africains les plus avancés en matière de sécurité numérique, renforçant son image de plateforme technologique stable dans une région confrontée à une multiplication des menaces cyber.
Attractivité économique et stabilité institutionnelle
Au-delà des aspects strictement technologiques, Rabat défend l’idée que la transition numérique constitue un levier de développement économique. Les réformes engagées auraient contribué à renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs internationaux, notamment grâce à un cadre politique stable et à une sécurité juridique considérée comme essentielle pour l’innovation et l’investissement.
Dans ce contexte, le Maroc met également en avant ses performances industrielles — automobile, aéronautique et industries de défense — pour illustrer une stratégie plus large qui relie transformation numérique, industrialisation et ouverture africaine. Le Royaume se présente aujourd’hui comme l’un des principaux investisseurs sur le continent africain, consolidant une position de pont économique entre l’Europe et l’Afrique.
Intelligence artificielle : innovation et responsabilité
L’intervention marocaine a également insisté sur les défis éthiques posés par les nouvelles technologies. Si l’intelligence artificielle ouvre des perspectives majeures, elle exige, selon Rabat, des politiques publiques adaptées et une coopération internationale renforcée afin d’éviter les dérives sécuritaires ou sociales.
Le rôle de l’État reste, dans cette vision, central pour encadrer les mutations numériques et garantir un usage responsable des technologies émergentes.
Une identité ouverte au cœur du discours
Le message porté à Madrid a aussi souligné la dimension culturelle et politique du modèle marocain. Les valeurs d’ouverture et de tolérance religieuse ont été présentées comme un élément structurant permettant au Royaume de jouer un rôle de passerelle entre l’Europe, le monde arabe et l’espace africain.
En marge de l’événement, l’ambassadrice marocaine a reçu une distinction honorifique saluant l’engagement continu du Maroc en matière de transformation numérique et de cybersécurité, symbole d’une stratégie visant à positionner le pays comme hub technologique de référence dans la région.