Le Syndicat national de l’enseignement supérieur a appelé les enseignants-chercheurs de l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur et de recherche scientifique, universitaires et non universitaires, à observer une grève nationale générale les 3 et 4 mars 2026. Cette décision fait suite aux conclusions de la session ouverte de sa commission administrative tenue le 15 février dernier.
Dans une note publiée par son bureau national le 26 février 2026 à Rabat, le syndicat précise que ce mouvement inclut le boycott de toutes les activités pédagogiques, notamment les examens, les délibérations, les séminaires, les rencontres scientifiques ainsi que les réunions au sein des différentes structures universitaires durant les deux journées de grève.
Le bureau national a appelé ses sections locales et régionales, ainsi que les représentants des enseignants dans les commissions administratives paritaires, à veiller au succès de la mobilisation « dans un esprit de responsabilité et de mobilisation », avec l’organisation de rassemblements locaux et/ou régionaux. Les responsables syndicaux sont également invités à être présents dans leurs établissements dès 8 heures du matin.
Le syndicat demande par ailleurs l’élaboration de rapports écrits sur le déroulement de la grève dans chaque institution, ainsi que des comptes rendus des assemblées générales organisées à cette occasion. Il appelle également à diffuser largement la déclaration du 15 février auprès des enseignants-chercheurs et des médias locaux et régionaux.
Dans sa note, l’organisation syndicale invite les enseignants à « maintenir un haut niveau de mobilisation et de vigilance pour défendre leurs revendications légitimes », sans toutefois détailler précisément la nature de ces revendications.
Selon le syndicat, ce mouvement de protestation intervient en réaction à la poursuite par le gouvernement du projet de loi n°59.24 relatif à l’enseignement supérieur, jugé élaboré sans approche participative et sans prise en compte des amendements proposés par des conseillers parlementaires ou des demandes formulées par le syndicat. L’organisation exprime également des inquiétudes concernant de futures dispositions réglementaires susceptibles, selon elle, d’affecter certains acquis des enseignants, notamment en matière de gratuité de l’enseignement, de promotion professionnelle et d’ancienneté, ainsi que le retard dans le traitement de dossiers administratifs en suspens.
Le recours à la grève est ainsi présenté comme un mécanisme de pression préventive avant l’adoption définitive des textes législatifs et réglementaires attendus.