Les prix du pétrole ont fortement progressé à l’ouverture des marchés lundi, dans un contexte marqué par l’intensification du conflit au Moyen-Orient après les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, alimentant les craintes de perturbations majeures de l’approvisionnement mondial.
Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, a bondi jusqu’à plus de 13 % en début de séance avant de se stabiliser autour de 80 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) affichait également une forte hausse. Cette progression reflète l’intégration rapide des risques géopolitiques par les marchés, alors que le Brent évoluait encore autour de 61 dollars au début de l’année.
Le détroit d’Ormuz au cœur des inquiétudes
La montée des tensions menace directement la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole. Si le passage n’est pas totalement fermé, la navigation y est devenue extrêmement difficile, plusieurs compagnies maritimes ayant suspendu le transit de leurs flottes.
Des incidents récents impliquant des navires au large des Émirats arabes unis et d’Oman ont accentué la nervosité du marché, poussant certaines autorités internationales à recommander d’éviter la zone. Une telle situation risque d’augmenter considérablement les coûts d’assurance et de transport.
Risque d’un baril à 100 dollars
Les pays importateurs disposent théoriquement de réserves stratégiques — les membres de l’OCDE étant tenus de maintenir des stocks couvrant environ 90 jours — mais les analystes n’écartent pas un franchissement du seuil des 100 dollars si le conflit se prolonge.
Plusieurs experts soulignent que l’impact d’une hausse de la production par l’alliance OPEP+ pourrait rester limité, la plupart des membres produisant déjà à pleine capacité. Dimanche, l’organisation a annoncé une augmentation de 206 000 barils par jour pour le mois d’avril, au-delà des attentes du marché, dans une tentative de contenir la flambée des prix.
Marchés sous tension
Selon des analystes énergétiques, la poursuite des hostilités pourrait entraîner un nouveau bond des cours, les investisseurs redoutant une interruption partielle du transport maritime et des exportations régionales. Le détroit d’Ormuz, qui sépare l’Iran du Sultanat d’Oman, demeure l’un des points névralgiques de la sécurité énergétique mondiale, puisqu’il constitue une voie essentielle pour le pétrole et le gaz naturel liquéfié.