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Conflit au Moyen-Orient : le pétrole flambe, les marchés décrochent

03 mars 2026 - 14:06

Au quatrième jour du conflit au Moyen-Orient, les marchés financiers encaissent le choc : les cours du pétrole s’envolent et les Bourses mondiales reculent nettement, dans un contexte de craintes inflationnistes renouvelées.

Le point névralgique demeure le Détroit d’Ormuz, corridor stratégique par lequel transite près d’un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial. Si aucune fermeture officielle n’a été annoncée, de grandes compagnies maritimes ont suspendu leurs passages face à l’explosion des primes d’assurance, créant un quasi-blocage logistique.

Énergie sous tension

Le baril de Brent progressait de plus de 5 %, frôlant les 82 dollars, tandis que le WTI américain dépassait les 75 dollars. Sur le marché du gaz, le contrat TTF néerlandais bondissait de plus de 20 %.

Cette envolée intervient après l’annonce par QatarEnergy d’une interruption partielle de sa production de GNL, à la suite d’attaques iraniennes visant des installations clés. Une importante raffinerie saoudienne a également réduit certaines activités.

La concentration de l’offre énergétique dans la région rend les marchés particulièrement sensibles au moindre incident sécuritaire.

Les Bourses dans le rouge

À l’ouverture, Paris, Francfort et Londres cédaient plus de 2 %, Milan et Madrid davantage encore. En Asie, Séoul a enregistré une chute supérieure à 7 %, tandis que Tokyo reculait nettement.

Si ces mouvements restent, pour l’heure, en deçà des épisodes extrêmes observés lors de la crise financière de 2008 ou du choc pandémique, ils traduisent une nervosité croissante face à un risque d’inflation importée.

Obligations et valeurs refuges

Le marché obligataire subit lui aussi des tensions. Les rendements des emprunts d’État progressent, les investisseurs anticipant une possible persistance de prix énergétiques élevés. Le rendement du Bund allemand à dix ans atteignait 2,78 %.

Le chef économiste de la Banque centrale européenne, Philip Lane, a souligné que l’ampleur des répercussions dépendra de la durée et de l’intensité du conflit.

Parallèlement, l’or confirme son statut de valeur refuge, se maintenant à des niveaux élevés, porté par la quête de sécurité des investisseurs.

Une équation géopolitique et économique

Au-delà des fluctuations journalières, la question centrale demeure : le choc énergétique sera-t-il transitoire ou durable ? Si le détroit d’Ormuz reste perturbé et que les infrastructures régionales sont touchées, l’impact pourrait se diffuser à l’ensemble de la chaîne économique mondiale.

Dans un contexte où la lutte contre l’inflation n’est pas achevée, la crise actuelle réintroduit une variable que les marchés redoutent : l’énergie comme facteur d’instabilité globale.

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