L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a annoncé la mise sur le marché de réserves stratégiques de pétrole afin de stabiliser les marchés énergétiques mondiaux, fortement secoués par la hausse des prix du brut provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
Selon l’agence, les premières réserves provenant des pays d’Asie et d’Océanie seront injectées immédiatement sur le marché, tandis que les stocks issus de l’Europe et du continent américain devraient être libérés à partir de la fin du mois de mars.
Les gouvernements membres se sont engagés à mettre à disposition 271,7 millions de barils issus des stocks publics, auxquels s’ajoutent 116,6 millions de barils provenant des réserves obligatoires de l’industrie et 23,6 millions provenant d’autres sources, dans le cadre d’un plan global pouvant atteindre environ 400 millions de barils.
Selon l’AIE, 72 % des volumes libérés seront constitués de pétrole brut et 28 % de produits pétroliers raffinés, dans ce qui constitue la plus importante opération de libération de réserves stratégiques coordonnée par l’agence depuis sa création après le choc pétrolier des années 1970.
Une crise énergétique liée au blocage du détroit d’Ormuz
Cette décision intervient alors que les marchés pétroliers sont fortement perturbés par le conflit au Moyen-Orient et le blocage quasi total du détroit d’Ormuz, un passage maritime essentiel pour l’acheminement du pétrole mondial.
Ce détroit stratégique assure habituellement le transit d’environ 20 % des flux mondiaux de pétrole et de gaz, ce qui explique l’impact immédiat de sa fermeture sur les marchés énergétiques internationaux.
La crise actuelle a déjà entraîné une forte volatilité sur les marchés, le prix du Brent dépassant récemment 100 dollars le baril, tandis que plusieurs analystes mettent en garde contre de possibles effets inflationnistes à l’échelle mondiale si le conflit se prolonge.
Une réponse d’urgence aux tensions sur l’offre
Pour l’AIE, cette mesure vise avant tout à atténuer le choc immédiat sur l’offre mondiale, même si de nombreux experts estiment que son impact restera limité tant que les routes pétrolières du Golfe persisteront à être perturbées.
Les analystes soulignent que les volumes annoncés correspondent à environ trois semaines de flux pétroliers transitant habituellement par le détroit d’Ormuz, ce qui illustre l’ampleur de la crise énergétique actuelle.