>

Hausse des carburants au Maroc : les associations de consommateurs dénoncent l’inaction des autorités

17 mars 2026 - 15:20

La flambée soudaine des prix des carburants au Maroc en ce début de semaine continue de susciter de vives réactions. La Fédération nationale des associations de protection des consommateurs a dénoncé, dans un communiqué particulièrement critique, ce qu’elle considère comme une absence de réaction des autorités face aux pratiques des sociétés de distribution.

Selon l’organisation, les marchés du carburant ont connu une hausse rapide et inattendue des prix du gasoil et de l’essence sans plomb, atteignant près de deux dirhams par litre. Cette augmentation brutale aurait provoqué un climat d’incertitude sur le marché et une forte inquiétude chez les consommateurs, à quelques jours seulement de l’Aïd al-Fitr, période marquée par une activité économique et des déplacements plus importants.

Dans son communiqué, la fédération évoque une série de dysfonctionnements juridiques et pratiques qui auraient accompagné ces hausses. Elle critique notamment le silence des autorités compétentes et leur manque de fermeté dans l’application des textes réglementaires encadrant le secteur.

Des obligations légales rappelées

L’organisation rappelle que la législation marocaine impose aux sociétés de distribution de carburants de maintenir un stock stratégique équivalant à au moins soixante jours de consommation, conformément aux dispositions du dahir n°1-71-109 de 1971. Ce dispositif vise à garantir la sécurité énergétique du pays et à amortir les effets de fluctuations soudaines sur le marché international.

Selon la fédération, l’absence de contrôle effectif aurait empêché l’application des sanctions prévues par la législation adoptée en 1973 contre les opérateurs ne respectant pas cette obligation.

Les associations soulignent également que ces augmentations pourraient entrer en contradiction avec la loi n°104-12 relative à la liberté des prix et à la concurrence, qui interdit explicitement toute entente ou coordination susceptible de fausser le jeu normal du marché.

Soupçons de pratiques opportunistes

Au-delà du cadre juridique, les associations pointent aussi certaines pratiques observées sur le terrain. Dans son communiqué, la fédération affirme que plusieurs distributeurs auraient temporairement suspendu l’approvisionnement de certaines stations-service dans les heures précédant l’entrée en vigueur des nouvelles hausses de prix.

Une telle stratégie, selon elle, viserait à profiter de la situation pour générer des marges supplémentaires, au détriment des consommateurs et du bon fonctionnement du marché.

L’organisation décrit ces pratiques comme une forme de désordre commercial et de prise de décision unilatérale, opérée sans supervision ni mécanisme de régulation efficace.

Un impact redouté sur le pouvoir d’achat

Les associations mettent également en garde contre les répercussions économiques et sociales de cette hausse soudaine. L’augmentation des prix du carburant pourrait entraîner, selon elles, une hausse en chaîne des coûts du transport et des produits de consommation, accentuant la pression sur le pouvoir d’achat des ménages.

Cette situation est jugée particulièrement préoccupante dans un contexte précédant l’Aïd al-Fitr, période durant laquelle les dépenses des ménages connaissent traditionnellement une hausse.

Appel à une intervention rapide

Face à cette situation, la Fédération nationale des associations de protection des consommateurs appelle le gouvernement et le Conseil de la concurrence à intervenir rapidement pour rétablir l’équilibre du marché.

Elle demande notamment le renforcement des mécanismes de contrôle, l’application stricte des dispositions légales et la mise en place de mesures permettant de restaurer la transparence et la confiance entre les différents acteurs du secteur énergétique.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *