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Bank Al-Maghrib prévoit un ralentissement de la croissance marocaine à 3,5 % en 2027

17 mars 2026 - 21:57

Rabat. L’économie marocaine devrait connaître une phase d’expansion soutenue à court terme avant de ralentir légèrement à l’horizon 2027. C’est ce qui ressort des dernières prévisions publiées mardi par Bank Al-Maghrib à l’issue de la première réunion trimestrielle de son Conseil pour l’année 2026.

Selon la banque centrale, la croissance économique nationale aurait déjà atteint 4,8 % en 2025 et devrait s’accélérer à 5,6 % en 2026, avant de ralentir à 3,5 % en 2027.

Une année agricole particulièrement favorable

Cette dynamique de croissance attendue en 2026 s’explique en grande partie par des conditions climatiques jugées très favorables, qui devraient stimuler la production agricole.

Bank Al-Maghrib estime, sur la base d’une superficie cultivée d’environ 3,9 millions d’hectares, que la récolte des trois principales céréales pourrait atteindre 82 millions de quintaux.

Dans ce contexte, la valeur ajoutée agricole devrait enregistrer une forte progression de 14,4 % en 2026, après une hausse estimée à 5 % en 2025.

Cependant, la banque centrale prévoit ensuite un recul de 5,3 % en 2027, en raison de l’hypothèse d’un retour à une campagne céréalière moyenne.

Les secteurs non agricoles restent dynamiques

En dehors de l’agriculture, les activités économiques devraient continuer d’afficher une croissance solide, portée notamment par les investissements dans les infrastructures économiques et sociales.

Selon les projections de Bank Al-Maghrib, la croissance des secteurs non agricoles devrait se maintenir autour de 4,5 % dans les prochaines années.

Pressions attendues sur les comptes extérieurs

La banque centrale anticipe toutefois certaines tensions sur les comptes extérieurs du pays, liées notamment à la hausse attendue des prix des matières premières.

Le déficit du compte courant devrait ainsi passer de 2,3 % du PIB en 2025 à 3,1 % en 2026, avant de se réduire à 2,5 % en 2027.

Dans le même temps, la facture énergétique du Maroc devrait augmenter de 15,6 % en 2026, avant de reculer de 11,1 % en 2027 pour s’établir autour de 110,5 milliards de dirhams.

Besoin de liquidités en hausse dans le secteur bancaire

Sur le plan monétaire, Bank Al-Maghrib prévoit une augmentation progressive des besoins de liquidité des banques.

Ce besoin, estimé à 131,7 milliards de dirhams en 2025, pourrait atteindre 169,4 milliards de dirhams à l’horizon 2027, notamment en raison de la progression de la monnaie fiduciaire en circulation.

Un déficit budgétaire en baisse progressive

Concernant les finances publiques, l’année 2025 a été marquée par une hausse de 15,3 % des recettes ordinaires, portée principalement par la progression des recettes fiscales.

Dans le même temps, les dépenses publiques ont augmenté de 11,8 %, notamment en raison de la hausse des dépenses liées aux biens et services.

Malgré ces évolutions, Bank Al-Maghrib prévoit une réduction progressive du déficit budgétaire. Celui-ci devrait passer de 3,6 % du PIB en 2025 à 3,5 % en 2026, puis 3,4 % en 2027, hors recettes issues de la cession de participations publiques.

Ces perspectives reflètent, selon la banque centrale, une trajectoire économique globalement stable, même si l’économie marocaine reste exposée aux incertitudes internationales, notamment celles liées aux marchés de l’énergie et aux tensions géopolitiques.

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