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Le gouvernement marocain a dévoilé, jeudi, les grandes lignes d’un nouveau statut destiné aux étudiants en médecine, pharmacie et médecine dentaire en cours de formation, dans le cadre d’une réforme présentée comme stratégique pour renforcer l’attractivité du secteur public et répondre aux besoins croissants du système national de santé.

Lors d’une conférence de presse conjointe, le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, et le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzedine El Midaoui, ont détaillé les principales dispositions du décret n°2.26.342, publié au Bulletin officiel le 4 mai 2026.

Ce nouveau texte actualise un cadre réglementaire datant de 1993 et introduit plusieurs changements majeurs visant à moderniser les parcours de formation des futurs médecins et spécialistes.

Réduction progressive de la durée d’engagement

La mesure phare de cette réforme concerne la réduction progressive de la durée d’engagement obligatoire dans le secteur public pour les médecins spécialistes.

Jusqu’à présent fixée à huit ans, cette période sera progressivement ramenée à trois ans à partir de 2032.

Selon le gouvernement, cette évolution marque un changement de philosophie dans la gestion des ressources humaines de la santé, passant d’une logique de contrainte à une approche davantage fondée sur l’incitation, la stabilité professionnelle et la valorisation des carrières médicales.

Le calendrier transitoire prévoit :

six ans d’engagement pour les promotions 2026 ;

cinq ans pour les promotions 2027 et 2028 ;

quatre ans pour les promotions 2029, 2030 et 2031 ;

puis trois ans à partir de 2032.

Accès plus rapide à la spécialisation

Le décret prévoit également un assouplissement du parcours de spécialisation médicale. Le concours d’accès à l’internat sera désormais ouvert dès la quatrième année d’études, contre la cinquième année auparavant.

L’objectif affiché est d’accélérer la formation des médecins spécialistes afin de répondre plus rapidement aux besoins des établissements de santé à travers le Royaume.

Une meilleure intégration dans les structures sanitaires régionales

Le nouveau statut précise aussi les droits et obligations des différentes catégories d’étudiants en formation — externes, internes, résidents ou stagiaires observateurs — tout en organisant leur intégration progressive dans les Groupements sanitaires territoriaux.

Le gouvernement entend ainsi renforcer la territorialisation de la formation médicale et mieux adapter les spécialités aux besoins sanitaires spécifiques de chaque région.

Revalorisation du statut des médecins résidents

La réforme prévoit également une amélioration de la situation administrative et financière des médecins résidents.

Dès la première année de résidence, ces derniers seront désormais intégrés dans le cadre des médecins, pharmaciens ou chirurgiens-dentistes de premier grade, avec un indice salarial de 509, leur garantissant davantage de stabilité professionnelle et sociale.

Le gouvernement affirme également vouloir préserver les acquis et droits des promotions actuellement en cours de formation afin d’assurer une transition progressive et maîtrisée vers le nouveau système.

Plus de 6.600 spécialistes supplémentaires attendus d’ici 2032

Selon les projections du ministère de la Santé, cette réforme devrait permettre l’intégration de 6.641 médecins spécialistes supplémentaires dans le secteur public à l’horizon 2032.

Les autorités attribuent cette dynamique à l’augmentation de 133 % des capacités de formation entre 2020 et 2025. Le nombre annuel de diplômés devrait ainsi atteindre près de 2.000 médecins par an d’ici 2030, contre environ 1.300 dans l’ancien modèle.

Au-delà de la réforme académique, Rabat cherche ainsi à répondre à l’un des grands défis du système de santé marocain : réduire les inégalités territoriales d’accès aux soins et renforcer durablement les ressources humaines médicales du Royaume.

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