L’ancien chef du gouvernement espagnol José Luis Rodríguez Zapatero se retrouve au centre d’une affaire judiciaire très médiatisée en Espagne. Un juge de l’Audience nationale, la plus haute juridiction pénale du pays pour les grandes affaires sensibles, a décidé de le convoquer comme «mis en cause» dans le dossier du sauvetage public de la compagnie aérienne Plus Ultra.
L’affaire remonte à 2021, lorsque l’État espagnol avait accordé une aide financière de 53 millions d’euros à cette compagnie aérienne, fortement touchée par la crise du Covid-19. Aujourd’hui, la justice cherche à déterminer si des pressions ou des interventions illégales auraient été exercées pour faciliter cette aide publique.
Selon le juge chargé de l’enquête, un réseau d’influence aurait tenté d’intervenir auprès de plusieurs institutions espagnoles afin de favoriser Plus Ultra. Le magistrat soupçonne l’existence d’un système organisé destiné à obtenir des avantages économiques grâce à des relations politiques et administratives.
Des perquisitions ont été menées mardi dans les bureaux liés à l’ancien dirigeant socialiste ainsi qu’auprès de sociétés mentionnées dans l’enquête. Les documents judiciaires évoquent également des mouvements financiers importants entre différentes entreprises et personnes proches du dossier.
De son côté, José Luis Rodríguez Zapatero rejette catégoriquement toutes les accusations. Dans une déclaration vidéo diffusée après l’annonce judiciaire, il affirme avoir toujours agi «dans le respect absolu de la loi» et nie toute intervention en faveur de Plus Ultra. L’ancien dirigeant espagnol assure également ne posséder aucune société cachée ni à l’étranger ni en Espagne.
Il est important de préciser qu’en droit espagnol, le statut de «mis en cause» ne signifie pas une condamnation. Cette étape permet simplement à la justice d’entendre une personne dans le cadre d’une enquête en cours, tout en garantissant ses droits à la défense.
Cette affaire suscite déjà un large débat politique et médiatique en Espagne, notamment en raison du poids symbolique de Zapatero, qui a dirigé le gouvernement espagnol entre 2004 et 2011. L’évolution de l’enquête dans les prochaines semaines sera suivie de près par la classe politique espagnole et les médias européens.