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États-Unis : Donald Trump promulgue un budget de défense de 900 milliards de dollars

19 décembre 2025 - 20:23

Le président américain Donald Trump a promulgué, ce vendredi, la loi annuelle sur la politique de défense des États-Unis, connue sous le nom de National Defense Authorization Act (NDAA), qui prévoit une enveloppe budgétaire de 900 milliards de dollars destinée aux programmes militaires pour l’année à venir. Le texte, adopté avec un soutien bipartisan au Congrès, contraste avec la rhétorique de plus en plus critique de la Maison-Blanche à l’égard de l’OTAN et de plusieurs alliés traditionnels de Washington.

Le NDAA fixe chaque année les grandes priorités américaines en matière de sécurité et de politique étrangère. Il s’agit de l’un des rares textes majeurs qui continue de faire consensus entre démocrates et républicains dans un contexte de polarisation politique croissante à Washington.

Selon la porte-parole de la Maison-Blanche, Anna Kelly, la loi signée par Donald Trump prévoit notamment une revalorisation des soldes des militaires américains et s’inscrit dans la doctrine présidentielle de « la paix par la force ». Elle inclut également le financement de la « Golden Dome », un système de défense aérienne et antimissile soutenu par le président.

Le texte marque aussi une rupture idéologique assumée. Il supprime les programmes liés à la culture dite « woke », en particulier les initiatives de diversité, équité et inclusion (DEI), vivement critiquées par les milieux conservateurs. Le NDAA impose que les promotions au sein des forces armées reposent exclusivement sur des critères de mérite, excluant toute prise en compte de ces programmes.

La loi a été définitivement adoptée mercredi par le Sénat, après avoir reçu l’aval de la Chambre des représentants la semaine précédente. Son adoption intervient dans un climat de préoccupation croissante en Europe, alimentée par les déclarations répétées de Donald Trump mettant en doute l’engagement américain envers l’OTAN et la capacité du continent européen à assurer sa propre défense.

La dernière stratégie nationale de sécurité de la Maison-Blanche a notamment décrit l’Europe comme excessivement réglementée, culturellement désorientée et insuffisamment engagée sur le plan militaire. Ce discours, proche de celui de certaines formations de droite radicale en Europe, a ravivé les craintes d’un élargissement du fossé transatlantique.

Dans les faits, le NDAA envoie toutefois un signal différent. Le texte interdit toute réduction durable des effectifs militaires américains en Europe en dessous de 76 000 soldats, pour une période excédant 45 jours, et limite le retrait d’équipements militaires majeurs. Ces dispositions reviennent à empêcher tout désengagement significatif de l’armée américaine du continent sans l’aval du Congrès.

La loi renforce également les moyens alloués aux pays considérés comme étant en première ligne de l’OTAN, en particulier dans la région balte, consolidant ainsi le flanc nord-est de l’Alliance atlantique. Le budget voté dépasse d’environ huit milliards de dollars la demande initiale de l’administration, signe de la volonté des parlementaires de maintenir un haut niveau d’investissement militaire.

Enfin, le NDAA prévoit 400 millions de dollars d’aide sécuritaire à l’Ukraine, afin de préserver un soutien minimal dans un contexte de débats persistants sur la poursuite de l’assistance occidentale. Il fixe également de nouvelles limites à toute réduction des effectifs américains en Corée du Sud, où 28 500 soldats restent stationnés.

À travers ce texte, le Congrès américain affirme sa détermination à préserver les piliers de la stratégie de défense des États-Unis, parfois en décalage avec la tonalité politique de l’exécutif, dans un environnement international marqué par des tensions durables.

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