L’Association des librairies indépendants du Maroc (ALIM) et les éditeurs marocains membres du « Collectif de la nouvelle édition marocaine » ont lancé un appel aux parents d’élèves à faire leur achat des livres scolaires dans les librairies et de pas les acheter dans les écoles ou les lycées.
Dans un communiqué commun reçu par le journal « Al Youm 24 », les deux instances appellent les parents à adopter « une attitude solidaire » avec les professionnels du livre vu que « la rentrée est la principale source de revenu des libraires ».
Le communiqué souligne que « sous couvert de faciliter l’achat des fournitures scolaires, certaine structures d’importation et de distribution, effectuent de la vente directe dans les établissement scolaires- certains en mettant en avant les librairies de leur groupe ».
Les deux instances mettent en garde également contre le phénomène de piratage des livres.
« Outre la vente directe aux établissements, des sites qui ne sont pas affiliées à des librairies vendent des ouvrages piratés. Ces pratiques ont des conséquences graves pour tout l’écosystème du livre et des idées au Maroc »
Le communiqué dresse un état de lieux alarmant sur la situation des librairies au Maroc. « Une librairie privée de ressources de la rentrée scolaire est fragilisée voire menacée de fermeture. Il n’y a déjà plus que 45 librairies indépendantes dans tout le Maroc », alertent le communiqué.
« Un pays dépourvu d’un réseau solide de librairies est un pays où il est très difficile de faire exister des idées, du débat, du dialogue, de l’échange et du développement économique, bref, tout ce que le livre rend possible ».
Outre l’’Association des librairies indépendants du Maroc (ALIM), on retrouve parmi les éditeurs du Collectif de la nouvelle édition marocaine signataires de cet appel, les maisons d’édition suivantes : « Africamoude », « Bouillon de Culture », « En toutes lettres », « Kulte », « Le Sélénite », « Maha », « MEA », « Onze », « Sarrazines », et « Sirocco »
L’Association des libraires marocains avait pour, sa part, exprimé ses inquiétudes quant à l’avenir de la profession de libraire et à sa stabilité professionnelle lors d’une réunion avec le groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement (PJD) à la Chambre des représentants.
L’association avait exprimé son inquiétude notamment par rapport à l’article 51 d’un projet de loi-cadre qui permet aux établissements d’enseignement privés de vendre indirectement des livres, ce qui un pourrait avoir un impact négatif sur le secteur.