>

Le Royaume-Uni actait la souveraineté marocaine du Sahara dès 1721 : un rappel historique relancé

04 août 2025 - 11:41

Une lettre publiée dans The Guardian rappelle que Londres avait déjà signé un ‘Traité d’amitié’ avec le Maroc en 1721, interprété aujourd’hui comme une reconnaissance ancienne — et réaffirmée — de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

Une lettre signée Andrew M. Rosemarine dans The Guardian le 1ᵉʳ août 2025 réactive un épisode historique entré dans l’ombre : un traité conclu entre le Maroc et la Grande-Bretagne en 1721, à Ceuta, témoignait déjà, selon certains, de la reconnaissance britannique de l’autorité des Alaouites sur le Sahara. Mais plus significatif encore est le contexte moderne dans lequel cette référence réapparaît.

Londres a récemment qualifié la proposition marocaine d’autonomie limitée comme « solution la plus crédible et pragmatique » à ce conflit, selon un communiqué conjoint signé par les ministres des Affaires étrangères britannique, David Lammy, et marocain, Nasser Bourita. Cette prise de position s’inscrit dans une tendance géopolitique européenne, suivie par Washington sous Trump et Paris sous Macron, vers un réalignement diplomatique structurel en faveur de la position marocaine.

Ce rappel historique n’est pas une simple référence nostalgique : il s’intègre à une stratégie diplomatique qui positionne le Maroc comme partenaire incontournable pour l’Europe, capable de garantir stabilité, commerce et influence au Sahel et à l’Atlantique. En réactivant cette reconnaissance ancienne, le Royaume-Uni semble assumer une continuité de perspective géopolitique plus que renouer avec un passé secondaire.

Symboliquement, le traité de 1721 consolide la narration marocaine des provinces du Sud comme partie intégrante du royaume depuis plusieurs siècles. Pour Rabat, cela constitue une base de légitimité tant historique que diplomatique, face à un conflit longtemps perçu comme gelé par l’ONU : ce cheminement ancien est désormais présenté comme cohérent avec les évolutions contemporaines.

Dans cet horizon, le témoignage du signataire au The Guardian — affirmant que les habitants du Sahara « accueillent favorablement la souveraineté marocaine » — s’inscrit comme un signal de perception du terrain. Il réfute les critiques jugées déconnectées et réaffirme une version vécue du Sahara intégré, tourné vers le développement économique.

Certains peuvent y voir une instrumentalisation politique de l’Histoire : ce rappel renforce un récit de fait accompli plutôt qu’un engagement diplomatique autour du « droit à l’autodétermination ». Néanmoins, cette posture de Londres illustre un nouveau pragmatisme : le Royaume-Uni, repositionné après le Brexit, cherche à dépasser les condamnations symboliques pour adopter une politique d’influence active avec le Maroc.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *