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Trump et Poutine : une rencontre « constructive » sous tension, entre espoirs de paix et lignes rouges de Kiev

12 août 2025 - 09:12

 Le président américain Donald Trump a confirmé qu’il rencontrera Vladimir Poutine ce vendredi en Alaska, espérant une discussion « constructive » sur la guerre en Ukraine. Une formule qui, derrière son apparente neutralité, inquiète autant qu’elle intrigue en Europe et à Kiev, où l’on redoute des concessions territoriales au Kremlin.

Trump, revenu à la Maison-Blanche avec un discours moins aligné sur la ligne dure de son prédécesseur Joe Biden, ne cache pas sa volonté de « tester » Poutine. Il l’a même qualifié de « très respectueux » pour avoir accepté de se déplacer. Mais ce ton conciliant s’accompagne d’une critique ouverte à l’égard de Volodymyr Zelensky, accusé de réclamer « une approbation constitutionnelle » pour négocier des échanges de territoire, alors qu’il « a obtenu le feu vert pour mener la guerre ».

Derrière cette rhétorique se dessine un scénario précis : un accord qui impliquerait l’abandon par l’Ukraine d’environ 20 % de son territoire actuellement occupé par la Russie. Une perspective que Moscou conditionne à des exigences maximalistes – reconnaissance de l’annexion de la Crimée, cession des régions de Donetsk, Louhansk, Zaporijjia et Kherson, renoncement à l’OTAN et aux armes occidentales – jugées inacceptables par Kiev.

Les Européens, eux, tentent d’influer sur l’agenda. Trump est convié mercredi à une visioconférence avec l’Union européenne, l’OTAN et l’Ukraine pour rappeler que « seuls les Ukrainiens peuvent décider de leur avenir » et pour coordonner une pression accrue sur la Russie. Berlin a évoqué des « actions supplémentaires » possibles, mais aussi une « préparation à d’éventuelles négociations de paix ».

Trump envisage déjà l’étape suivante : une rencontre Zelensky-Poutine, avec ou sans sa médiation. Tout en se réservant l’option de « se retirer complètement » du dossier, il continue d’agiter sa promesse électorale – régler la guerre « en 24 heures » – même si ses propos oscillent entre volonté d’arbitrage et menace de désengagement.

La visite intervient alors que les forces russes avancent dans l’est de l’Ukraine, annonçant la prise du village de Fedorivka dans la région de Donetsk. Les bombardements récents ont déjà fait au moins six morts depuis l’annonce de la rencontre. Poutine, de son côté, intensifie son offensive diplomatique avec des échanges directs avec Xi Jinping, Narendra Modi et Lula da Silva, consolidant ses soutiens hors Occident.

Pour les alliés de Kiev, le danger est double : un dialogue qui pourrait légitimer les conquêtes russes, et une Amérique qui conditionne son engagement militaire à une sortie rapide du conflit. Pour Trump, l’équation est simple : transformer sa posture de négociateur en victoire politique intérieure. Pour l’Ukraine, chaque geste mal interprété pourrait signifier la perte irréversible de territoires.

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