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Zelensky à Washington : l’Europe resserre les rangs avant une rencontre décisive avec Trump

17 août 2025 - 10:49

À la veille de son voyage à Washington, Volodymyr Zelensky a tenu une vidéoconférence avec les dirigeants de l’Union européenne. L’objectif : afficher une unité politique avant son entretien prévu lundi avec Donald Trump, quelques jours seulement après la rencontre du président américain avec Vladimir Poutine en Alaska.

Les heures qui précèdent l’arrivée de Zelensky à la Maison-Blanche ont pris des allures de compte à rebours diplomatique. Depuis Bruxelles, les chefs d’État et de gouvernement européens ont cherché ce week-end à parler d’une seule voix, conscients que l’entrevue entre Trump et le président ukrainien pourrait redessiner les contours de la guerre.

À Anchorage, le rendez-vous entre Trump et Poutine a été qualifié de « productif » par la partie américaine, même si aucun texte n’a vu le jour. Le chef du Kremlin a fixé une condition inacceptable pour Kiev : un cessez-le-feu ne pourrait intervenir qu’en échange de la remise à la Russie des territoires de l’est ukrainien. Cette exigence place la présidence ukrainienne face à un dilemme périlleux : rester ouverte à la perspective de négociations tout en refusant de céder le moindre kilomètre de souveraineté.

Dans ce contexte, la rencontre de lundi à Washington prend une dimension stratégique. Trump, qui s’affiche désormais en médiateur incontournable, a déjà infléchi son discours : il ne réclame plus un cessez-le-feu immédiat, mais parle d’un « accord global » comme voie de sortie au conflit. Derrière ces mots, beaucoup en Europe redoutent une tentation de compromis sur les frontières.

Pour Zelensky, la marge de manœuvre est réduite. La société ukrainienne demeure catégorique : pas question d’accepter des amputations territoriales. Dans la région de Kharkiv, partiellement occupée en 2022 avant d’être reprise par les forces ukrainiennes, les habitants gardent en mémoire les répressions et les violences infligées par l’armée russe. Toute concession serait perçue comme une trahison de ces sacrifices.

L’Union européenne, de son côté, se retrouve dans un rôle d’équilibriste. Elle veut préserver son alignement stratégique avec Washington tout en maintenant une ligne de fermeté à l’égard de Moscou. D’où la réunion virtuelle de ce week-end, conçue pour montrer que l’Europe ne se laissera pas diviser dans l’épreuve.

Le risque, pour Bruxelles comme pour Kiev, est de voir la dynamique de négociation transformée en mise en scène. Trump a tout intérêt à revenir de Washington avec l’image d’un artisan de paix, quitte à privilégier le symbole sur les garanties concrètes. Mais sur le terrain, les réalités militaires restent inchangées : les combats se poursuivent et l’exigence russe demeure celle d’un redécoupage imposé par la force.

Au fond, la question est simple : la paix peut-elle naître d’un équilibre politique fragile entre Washington, Moscou et Kiev, ou sera-t-elle le fruit d’une résistance prolongée qui impose un véritable retrait russe ? Zelensky arrive à Washington porteur d’un mandat clair de son peuple : défendre l’intégrité territoriale. Trump, lui, semble vouloir écrire une histoire où la paix se gagne par le récit avant de se gagner par les faits. Entre ces deux logiques, se jouera l’avenir immédiat de l’Ukraine.

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