Casablanca – Le gouvernement de la République centrafricaine a présenté vendredi, dans la capitale économique du Maroc, son Plan national de développement 2024-2028, un programme ambitieux destiné à stimuler la croissance économique et sociale de ce pays enclavé d’Afrique centrale.
Selon les autorités centrafricaines, le plan vise à financer la réhabilitation de 1 000 km de routes, l’électrification des zones rurales – avec un objectif d’augmentation du taux d’accès de 4 % à 38 % –, la mise en valeur de 200 000 hectares de terres agricoles, ainsi que le déploiement de 3 000 km de fibre optique.
Le Maroc, hôte de la table ronde des investisseurs organisée à Casablanca, a apporté un soutien jugé stratégique par Bangui. Rabat apparaît comme un partenaire capable de renforcer la crédibilité du projet et d’attirer des capitaux régionaux et internationaux. « Le Royaume privilégie l’investissement créateur de richesse durable à la logique d’assistanat ou de dépendance », ont rappelé les organisateurs.
La rencontre a également mis en avant la vision de SM le Roi Mohammed VI, qui fait de la coopération Sud-Sud un pilier de la diplomatie marocaine. Le souverain défend une approche centrée sur des projets structurants et “gagnant-gagnant”, allant de l’agriculture à l’éducation, en passant par les infrastructures et la formation des jeunes.
Plusieurs entreprises marocaines sont déjà engagées dans des projets en Afrique subsaharienne : Attijariwafa Bank, Bank of Africa, le groupe OCP ou encore Maroc Télécom. Leur expérience et leur capacité d’investissement devraient jouer un rôle central dans la concrétisation du plan centrafricain.
Le rappel de l’Initiative royale atlantique, lancée en novembre 2023 pour offrir un accès à l’océan aux pays du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad), a renforcé l’idée que le Maroc se positionne comme facilitateur d’intégration régionale. Cette vision, expliquent les responsables marocains, repose sur la conviction que « l’Afrique doit faire confiance à l’Afrique ».
Selon la Banque africaine de développement, l’Afrique subsaharienne a besoin d’environ 1 000 milliards de dollars d’investissements annuels en infrastructures pour combler son retard. Le Maroc figure déjà parmi les trois premiers investisseurs africains sur le continent, avec des flux dépassant régulièrement les 800 millions de dollars par an, d’après la CNUCED.
La présentation du plan centrafricain à Casablanca illustre ainsi une dynamique de rapprochement économique et politique entre le Maroc et ses partenaires africains, dans une logique de solidarité, de durabilité et de partage des bénéfices du développement.