>

L’ONU appelle la FIFA et l’UEFA à suspendre Israël

23 septembre 2025 - 15:47

Huit experts des Nations Unies, parmi eux Francesca Albanese, ont demandé que la sélection israélienne soit écartée des compétitions internationales, estimant que la gravité des violations commises à Gaza impose une réaction qui dépasse le seul domaine sportif.

Le communiqué publié à Genève rappelle les conclusions récentes de la Commission d’enquête des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés. Ce rapport qualifie de génocide la situation dans la bande de Gaza. Les experts évoquent aussi la décision de la Cour internationale de Justice qui affirme que tous les États ont l’obligation légale d’agir face à un crime de cette nature. Dans ce contexte, l’appel à une suspension prend la forme d’une interpellation directe adressée à la FIFA et à l’UEFA, deux institutions qui concentrent une part décisive de l’image mondiale du football.

La question posée ne concerne pas les joueurs individuellement. Les rapporteurs insistent sur le fait que les sanctions doivent viser l’État et ses équipes représentatives et non les sportifs, qui ne peuvent porter la responsabilité des choix politiques de leur gouvernement. Cette précision donne à l’appel une portée politique plus nette, car il s’agit de mettre en cause l’emblème officiel d’un pays accusé de violations massives des droits humains.

L’histoire récente fournit des précédents qui confèrent à cette requête une crédibilité particulière. L’exclusion de l’Afrique du Sud sous l’apartheid a marqué les esprits, tout comme la mise à l’écart de la Russie après l’invasion de l’Ukraine. Ces décisions ont montré que les grandes organisations sportives sont capables d’agir rapidement lorsqu’une condamnation collective se dessine. Le cas israélien révèle une configuration différente. Le consensus international n’existe pas et les institutions sportives hésitent à prendre une décision qui aurait un impact direct sur leur calendrier et sur leurs intérêts financiers.

La portée de cette demande dépasse largement les sièges administratifs de Zurich et de Nyon. Une éventuelle suspension transformerait la perception internationale du conflit en donnant au diagnostic onusien une traduction visible sur les terrains de football. Les gouvernements hôtes, les fédérations nationales et les clubs se verraient contraints de se positionner, ce qui placerait le sport au cœur d’une controverse diplomatique.

Le discours qui associe le football à des valeurs universelles de respect et d’égalité se trouve fragilisé lorsqu’il apparaît que certaines violations entraînent des sanctions immédiates tandis que d’autres ne suscitent qu’un silence prudent. L’accusation de génocide en Gaza rend cette contradiction difficilement tenable. Plus les fédérations repoussent une décision, plus elles exposent la distance entre leurs principes proclamés et leurs choix réels.

Les experts des Nations Unies ne disposent pas du pouvoir d’imposer cette suspension. Leur communiqué n’est pas une injonction mais une alerte adressée aux instances sportives et aux États. Pourtant, cette intervention introduit une pression supplémentaire dans un espace où les frontières entre sport, commerce et diplomatie se brouillent de plus en plus. Le football, loin d’échapper aux réalités politiques, devient un champ où se reflètent les tensions de l’ordre international.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *