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Trump dévoile un plan pour Gaza à l’ONU

25 septembre 2025 - 09:32

Donald Trump a profité de l’Assemblée générale de l’ONU pour annoncer un plan en 21 points censé mettre fin à la guerre de Gaza. Il l’a présenté comme une initiative capable de répondre aux préoccupations d’Israël et de ses voisins, tout en sollicitant l’appui des dirigeants arabes et musulmans rencontrés en marge du sommet. Son envoyé spécial, Steve Witkoff, a même laissé entendre qu’une percée diplomatique pourrait intervenir dans les prochains jours.

L’absence de détails n’empêche pas la mise en scène. Gaza devient, une fois de plus, le théâtre où se joue la diplomatie du spectaculaire. Trump se présente comme l’homme des solutions rapides, dans un contexte marqué par deux ans de guerre, plus de 65.000 morts et un blocus qui étouffe toute perspective de normalité. Les chancelleries s’interrogent toutefois, incertaines entre l’hypothèse d’un véritable changement de cap et celle d’un calcul destiné à renforcer son image internationale.

Pour les pays arabes, la catastrophe humanitaire ne laisse plus de marge. Sans cessez-le-feu, aucun plan ne peut être crédible. Pour Israël, la priorité reste la sécurité, et toute concession paraît lointaine. Entre ces deux pôles Trump tente de bâtir un discours, mais ses décisions passées – reconnaissance de Jérusalem comme capitale, rupture avec certains accords – alimentent le scepticisme.

En Europe, la réaction est prudente. Emmanuel Macron a rappelé que l’essentiel ne réside pas dans les annonces, mais dans la capacité à stopper la spirale de violence et à empêcher une extension du conflit en Cisjordanie. Madrid et Rome ont déjà envoyé des navires vers la Méditerranée orientale, signe de l’inquiétude croissante d’un continent exposé aux répercussions sécuritaires et migratoires.

Dans le Sud global, l’annonce divise. Certains y voient une opportunité d’ouvrir un espace de négociation, d’autres redoutent une instrumentalisation. Pour des pays comme le Chili, qui défendent activement la cause palestinienne, l’idée d’un arbitrage américain soulève davantage de questions que de certitudes.

Un plan annoncé avec emphase mais sans substance immédiate met en évidence une contradiction, car les populations de Gaza réclament assistance et dignité alors que la scène internationale se perd dans les postures et la rhétorique. La paix, dans ce jeu, ressemble davantage à un trophée qu’à un horizon commun.

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