Le projet de loi de finances 2026 accorde une enveloppe de 2,8 milliards de dirhams à la création et à la mise à niveau de 36 centres ruraux émergents. L’objectif : consolider un développement territorial plus équilibré et renforcer la cohésion sociale.
La ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a présenté devant le Parlement le programme national de développement des centres ruraux émergents, l’un des piliers de la politique publique en matière d’aménagement du territoire pour l’année 2026. Ce plan prévoit la réhabilitation de 36 centres ruraux jugés stratégiques, avec un budget global de 2,8 milliards de dirhams, dans le cadre d’une approche intégrée qui associe infrastructures, services sociaux et activité économique locale.
Un projet au cœur de la territorialité
L’initiative vise à améliorer les conditions de vie dans les zones rurales tout en soutenant la dynamique économique locale. Les priorités incluent la modernisation des réseaux routiers et d’assainissement, l’accès à l’eau potable, la santé et l’éducation, ainsi que la promotion d’activités génératrices de revenus. L’objectif n’est pas seulement d’aménager le territoire, mais de créer de véritables pôles de vie capables de retenir la population et d’attirer les investissements.
Une politique sociale consolidée
Nadia Fettah a rappelé que le gouvernement poursuivra également la consolidation de l’État social. Plus de 11 millions de Marocains issus des catégories vulnérables bénéficieront de la prise en charge par l’État de leurs cotisations à l’assurance maladie obligatoire, pour un budget dépassant 10,5 milliards de dirhams. Par ailleurs, le programme d’aide directe à l’acquisition du logement principal, lancé en 2024, a déjà permis à 68 000 familles d’en bénéficier à mi-octobre 2025, pour un montant global supérieur à 5,6 milliards de dirhams.
Vers une nouvelle carte du développement
Ce programme illustre la volonté du Maroc de replacer le développement local au cœur de sa stratégie nationale. En misant sur les petites agglomérations et les zones rurales, le pays cherche à rééquilibrer la dynamique territoriale et à réduire les disparités entre régions. Ces « centres émergents » incarnent une nouvelle manière de penser la croissance : à partir des territoires eux-mêmes, et non depuis les seules métropoles.
L’enjeu, désormais, sera la gouvernance locale et la durabilité de ces projets. Pour que l’investissement de 2,8 milliards de dirhams se traduise par un réel impact, il faudra associer les collectivités, les acteurs économiques et la société civile dans la conception et le suivi des projets.
En renforçant le tissu rural, le Maroc affirme que le développement national se mesure aussi à la vitalité de ses territoires les plus discrets — ceux où l’avenir se construit loin du tumulte des grandes villes.