Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté jeudi une résolution américaine levant les sanctions imposées au président syrien Ahmed al-Sharaa et à son ministre de l’Intérieur, Anas Hassan Khattab, par 14 voix pour et une abstention, celle de la Chine.
Cette décision, de portée largement symbolique, intervient à la veille d’une rencontre sans précédent entre al-Sharaa et Donald Trump, prévue le 10 novembre à la Maison-Blanche. Elle consacre le retour progressif de la Syrie sur la scène diplomatique après des années d’isolement.
L’ambassadeur américain auprès de l’ONU, Mike Waltz, a salué “une étape politique forte qui confirme l’entrée de la Syrie dans une nouvelle ère”. La Russie a soutenu la résolution, tandis que la Chine a exprimé des réserves sur la stabilité du pays et la présence persistante de “combattants étrangers” susceptibles d’exploiter la fragilité sécuritaire.
Le retrait des sanctions, qui inclut la levée du gel des avoirs et de l’embargo sur les armes, représente un signal diplomatique fort avant la visite officielle d’al-Sharaa à Washington. Il s’agira du premier déplacement d’un président syrien aux États-Unis depuis l’indépendance du pays, et du deuxième d’al-Sharaa après son discours de septembre à l’Assemblée générale des Nations unies à New York.
Damas a confirmé que les discussions porteront sur la levée complète des sanctions restantes, la reconstruction, et la coopération antiterroriste. Washington, de son côté, espère obtenir des engagements concrets sur la stabilisation régionale et, à terme, sur un éventuel rapprochement de la Syrie avec les pays signataires des Accords d’Abraham.
Cette évolution marque un tournant dans les relations américano-syriennes, longtemps gelées par la guerre civile, et replace Damas au cœur des recompositions stratégiques du Proche-Orient.