La deuxième journée de la COP30 à Belém s’ouvre sur un sentiment d’urgence palpable. Sous une chaleur tropicale qui résume à elle seule l’enjeu de la conférence, les chefs d’État poursuivent leurs travaux, tandis que Pedro Sánchez et Friedrich Merz prennent la parole au plénier. Le premier plaide pour une solidarité climatique entre l’Europe et l’Amérique latine ; le second insiste sur la nécessité d’une transition énergétique “raisonnée”, ancrée dans la compétitivité et la stabilité économique.
Deux visions du même combat se croisent dans la capitale amazonienne : celle du devoir moral face à la crise planétaire, et celle du calcul stratégique dicté par les équilibres énergétiques mondiaux. À Belém, les discours révèlent que le dérèglement climatique n’est plus un thème environnemental, mais le centre d’un nouvel ordre géopolitique.
Alors que les Nations unies confirment que 2025 sera parmi les trois années les plus chaudes jamais enregistrées, l’heure des promesses semble dépassée. L’enjeu n’est plus de convaincre, mais de transformer. Si la COP30 ne parvient pas à articuler croissance, équité et durabilité, elle risquerait d’ajouter un sommet de plus à la longue liste des occasions manquées.