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Trump reçoit le président syrien à la Maison-Blanche : un ancien islamiste désormais allié stratégique

11 novembre 2025 - 12:09

Donald Trump a reçu ce lundi à Washington le président syrien Ahmed al Sharaa, ancien chef rebelle islamiste, dans une rencontre qualifiée d’historique. C’est la première visite d’un dirigeant syrien aux États-Unis depuis l’indépendance du pays. Ce geste illustre un virage diplomatique majeur : transformer un ancien ennemi en partenaire stratégique.

À l’issue de la réunion, tenue à huis-clos et loin des caméras protocolaires, Trump a déclaré : « Je l’aime bien. » Il a ajouté que la Syrie pouvait devenir un pays « très important » dans son plan de paix pour le Moyen-Orient. Il s’est toutefois abstenu de confirmer un pacte de non-agression avec Israël.

Les annonces qui ont suivi sont lourdes de sens : la Syrie obtiendra l’autorisation de rouvrir son ambassade à Washington ; elle intégrera la coalition internationale dirigée par les États-Unis contre l’État islamique (EI) ; et les sanctions imposées sous le régime de la « Loi César » ont été gelées pour 180 jours, ouvrant la voie à une levée progressive.

De la liste noire du FBI au salon ovale

Il n’y a pas si longtemps, Al Sharaa figurait sur la liste des terroristes les plus recherchés par le Federal Bureau of Investigation (FBI), avec une prime de 10 millions de $. L’ancien dirigeant de l’Hayat Tahrir al‑Sham (HTS), ex-branche syrienne d’Al-Qaïda, est aujourd’hui présenté comme un « leader pragmatique », prêt à coopérer avec l’Occident. Dans une interview à Fox News, il a évoqué la reconstruction de la Syrie et un réajustement des relations avec Moscou, Téhéran et Israël.

Pour l’administration Trump, l’enjeu est double : affaiblir l’influence russe en Syrie et briser le front Iran-Hezbollah. Une source diplomatique américaine évoque aussi l’installation d’une base militaire «près de Damas» pour surveiller les évolutions frontalières et coordonner l’aide humanitaire.

Un pivot stratégique

Cette visite marque un tournant : la Syrie, longtemps isolée, se repositionne comme élément clé de la nouvelle architecture de sécurité américaine au Moyen-Orient. Le Royaume-Uni, la France et les pays du Maghreb suivront probablement de près cette transformation.

Mais la normalisation soulève de nombreuses questions : jusqu’où peut-on réhabiliter un ancien islamiste sans porter atteinte à la crédibilité antiterroriste de l’Occident ? Le cas syrien illustre la logique géopolitique des États-Unis : « Les ennemis d’hier peuvent devenir les alliés de demain, si cela sert les intérêts stratégiques. »

L’analyste Nick Heras résume : « Trump amène Al Shraa à la Maison-Blanche pour marquer la fin de l’étiquette terroriste et la naissance d’un leader utile sous contrôle occidental et saoudien. »

Pour le monde arabe et les pays du Maghreb, ce geste symbolise un repositionnement politique profond. Le Maroc, fort de sa diplomatie confidentielle et proactive, pourrait y voir un modèle de repositionnement international.

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