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Au Caire, des signaux d’ouverture autour du désarmement du Hamas et d’une future gestion technocratique de Gaza

25 novembre 2025 - 10:20

Les discussions menées en Égypte entre le Hamas et les médiateurs régionaux et internationaux semblent franchir une étape délicate. Pour la première fois, des sources internes évoquent des avancées autour de la question des armes et d’un mécanisme de gouvernance transitoire du territoire.

Les négociations qui se poursuivent au Caire depuis plusieurs jours réunissent des représentants du Hamas et les services de renseignement égyptiens, épaulés par le Qatar et les États-Unis. Les médiateurs cherchent à bâtir une architecture politique susceptible de stabiliser la bande de Gaza, alors que la trêve conclue le 10 octobre reste constamment fragilisée sur le terrain.

D’après une source proche du Hamas, les discussions ont permis de dégager des « signaux positifs » concernant le volet le plus sensible : la question des armes détenues par les combattants du mouvement palestinien. Les réunions portent principalement sur les armes légères en circulation parmi les cadres militaires, sujet considéré comme un préalable à toute réorganisation interne du territoire. La source reste prudente, mais souligne qu’il s’agit d’une étape inédite depuis le début de la guerre.

Une transition technocratique en débat

L’un des autres axes centraux concerne la formation d’un comité technocratique chargé d’administrer Gaza durant une période transitoire. L’idée n’est pas nouvelle, mais elle semble gagner en consistance. Selon la source islamiste, les dirigeants du Hamas envisagent ce mécanisme comme une porte d’entrée vers une réconciliation politique plus large entre les différentes composantes du paysage palestinien : factions politiques, autorités locales et mouvements armés.

Les médiateurs misent sur une gouvernance temporaire non partisane pour éviter une vacance administrative et préparer un cadre durable pour la gestion civile du territoire. Les discussions portent sur les compétences du futur comité, le profil des membres et les mécanismes de surveillance internationale qui pourraient accompagner son installation.

Washington suit de près la deuxième phase du « plan Trump »

Une délégation américaine s’est entretenue avec les services de sécurité égyptiens afin de préciser l’architecture de la deuxième phase du plan de paix promu par Washington. Cette phase prévoit plusieurs éléments : un cessez-le-feu permanent, la démilitarisation progressive de Gaza, la constitution d’une force internationale de stabilisation et une administration technocratique transitoire.

Les Américains souhaitent clarifier les modalités pratiques de ces mesures, notamment la coordination entre les forces régionales, les garanties politiques exigées par Israël, et les engagements attendus du Hamas pour entrer dans cette deuxième séquence diplomatique.

Un terrain encore instable

Alors que les médiateurs tentent d’installer un processus structuré, la trêve reste extrêmement fragile. Le ministère de la Santé de Gaza a recensé, depuis le 10 octobre, plusieurs centaines de morts causés par des tirs israéliens. Le chiffre de 344 victimes est le dernier communiqué, sans mise à jour récente. Ces incidents minent l’atmosphère des négociations et alimentent les craintes d’une reprise rapide des hostilités si les discussions n’aboutissent pas à un dispositif robuste.

Sur le plan régional, l’Égypte assume un rôle central. Le Caire cherche à éviter une extension du conflit vers le Sinaï et souhaite, dans la mesure du possible, stabiliser le voisinage immédiat de sa frontière nord-est. Le Qatar, de son côté, mobilise son capital politique auprès des factions palestiniennes, tandis que les États-Unis tentent de relancer un projet diplomatique mis à l’épreuve par la réalité militaire.

Un tournant incertain mais significatif

Ces négociations ne constituent pas encore un accord. Elles traduisent toutefois un mouvement plus large : celui d’une recherche d’alternatives entre confrontation permanente et vacuum politique. Le Hamas, soumis à une pression militaire et diplomatique intense, semble disposé à envisager des mécanismes transitoires, tandis que les médiateurs multiplient les initiatives pour éviter une explosion régionale.

Les prochains jours permettront d’évaluer si les avancées signalées au Caire s’inscrivent dans une logique durable ou si elles ne représentent qu’un épisode de plus dans une séquence faite de fragiles équilibres.

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