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Fouzi Lekjaa dresse un constat sévère sur le football africain et souligne l’avance structurelle du Maroc

08 décembre 2025 - 18:28

Lors d’une rencontre consacrée à l’investissement et à l’emploi en Afrique, Fouzi Lekjaa a livré une analyse franche du paysage sportif continental. Le président de la Fédération royale marocaine de football estime que la fragilité des infrastructures entretient une dépendance structurelle envers l’Europe et freine la valorisation des talents locaux. Il a rappelé que le Maroc suit une trajectoire différente, fondée sur des investissements massifs et une vision durable.

Le président de la Fédération royale marocaine de football a choisi des mots forts pour qualifier la situation du football africain. Devant un public d’étudiants, d’élus et d’acteurs économiques réunis à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Souissi, Fouzi Lekjaa a décrit un système continental marqué par un contraste saisissant entre une réserve inépuisable de talents et des infrastructures qui peinent à accompagner leur développement.

Selon lui, des milliers de jeunes joueurs quittent chaque année leur pays sans que leurs États n’en tirent un bénéfice réel. Les intermédiaires et les clubs européens captent la quasi-totalité de la valeur créée, tandis que les fédérations africaines perdent leurs meilleurs éléments avant même leur maturité sportive. Lekjaa a cité l’exemple de Sadio Mané pour illustrer cette dynamique. La trajectoire du joueur sénégalais rappelle que de nombreuses nations africaines suivent de loin la carrière de talents pourtant issus de leurs propres structures.

À l’inverse, le Maroc a engagé depuis plus d’une décennie un effort continu pour installer son football dans un cadre professionnel. Centres de formation modernisés, stades répondant aux normes internationales, académie Mohammed VI devenue une référence en Afrique : ces équipements ont permis d’offrir aux sélections nationales des conditions de préparation que Lekjaa qualifie de « professionnelles, au sens plein du terme ». Cette montée en gamme rapproche les infrastructures marocaines des standards européens et s’inscrit dans une stratégie de long terme.

Le président de la FRMF a appelé à une réflexion continentale sur la circulation des joueurs. Une régulation commune permettrait aux pays africains de tirer parti de la valeur économique de leurs talents et de limiter les pertes liées aux transferts précoces. Pour Lekjaa, l’avenir du football africain dépend de politiques capables de dépasser la simple recherche de talents et de bâtir un écosystème complet où formation, gouvernance et investissement avancent ensemble.

L’intervention a résonné comme un appel à organiser une ambition africaine collective. Le Maroc entend y contribuer en partageant son expérience et en consolidant un modèle fondé sur l’exigence structurelle et la stabilité institutionnelle.

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