L’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM) a célébré le Nouvel An amazigh 2976 sous le thème : « Yennayer, célébrer le Maroc pluriel dans le cadre de l’unité ». Une manifestation à forte portée symbolique, mettant en valeur la profondeur historique et la vitalité contemporaine du patrimoine culturel marocain, matériel et immatériel.
Cette célébration a constitué une occasion de rappeler l’ancrage ancien de la culture amazighe dans l’ensemble des régions du pays, y compris dans les provinces sahariennes, tout en soulignant la capacité du pluralisme culturel à s’articuler harmonieusement avec l’unité nationale. Le message central reste clair : la diversité culturelle n’est pas un facteur de fragmentation, mais un levier de cohésion et de créativité collective.
Selon la note de présentation de l’événement, Yennayer 2976 / 2026 s’inscrit dans un moment charnière de l’histoire récente du Maroc. Il s’agit du troisième anniversaire officiel de la célébration du Nouvel An amazigh depuis la décision royale du 3 mai 2023, qui a érigé cette date en jour férié national. Cette reconnaissance institutionnelle consacre une longue dynamique de valorisation de la pluralité culturelle marocaine.
La célébration coïncide également avec une séquence diplomatique marquante, à la suite de l’adoption par les Nations unies, le 31 octobre 2025, de la résolution 2797, consacrant la souveraineté du Maroc sur ses provinces sahariennes. Cette convergence entre reconnaissance culturelle interne et affirmation diplomatique internationale confère à l’événement une portée politique et symbolique renforcée.
Intervenant devant la presse, le doyen de l’IRCAM, Ahmed Boukous, a souligné que la question de la diversité culturelle constitue aujourd’hui un enjeu central à l’échelle africaine et mondiale. Il a rappelé que le Maroc a progressivement construit un modèle fondé sur la pluralité linguistique et culturelle, tout en préservant la cohésion nationale.
Selon lui, cette approche marocaine commence à susciter un intérêt croissant dans plusieurs pays d’Amérique du Sud et d’Afrique subsaharienne. Il estime que la « puissance douce » du Maroc gagne en visibilité, faisant du pays une référence en matière de gestion du pluralisme linguistique et du vivre-ensemble culturel.
De son côté, Mohamed Mokhliss, chef du service de la communication externe de l’IRCAM, a mis en avant la double signification de cette célébration. Elle rappelle d’une part la décision royale instituant Yennayer comme fête nationale, et elle met d’autre part en lumière l’identité plurielle du Maroc dans un cadre unitaire.
Il a également souligné que Yennayer symbolise un lien profond avec la terre et les cycles agricoles, mais aussi des valeurs amazighes largement partagées dans la société marocaine, telles que la solidarité, la coopération et le sens du collectif. Ces valeurs, a-t-il rappelé, se sont illustrées de manière visible lors de l’accueil des visiteurs pendant la Coupe d’Afrique des nations organisée au Maroc.
Le programme culturel de cette édition a rassemblé des troupes artistiques venues de différentes régions du pays, du Nord au Sud en passant par le Centre. Les prestations ont offert un panorama vivant de la richesse artistique marocaine : rways, ahidous, ahwach, guedra, véritable emblème des arts sahariens marocains. Ces expressions témoignent de la continuité, de la diversité et de la vitalité du patrimoine immatériel national.
Au-delà de la dimension festive, cette célébration confirme une orientation stratégique : inscrire la pluralité culturelle comme un pilier structurant de l’identité nationale, tout en renforçant sa lisibilité à l’international. Dans un contexte régional marqué par des tensions identitaires et mémorielles, le modèle marocain continue de privilégier une approche inclusive, articulant héritage, modernité et cohésion.