>

Interpol : 3.744 arrestations lors d’une vaste opération mondiale contre l’immigration illégale et la traite des êtres humains

26 janvier 2026 - 19:53

Une opération internationale d’envergure coordonnée par Interpol a conduit à l’arrestation de 3.744 personnes soupçonnées d’appartenir à des réseaux d’immigration clandestine et de traite des êtres humains. Baptisée Liberterra III, cette offensive s’est déroulée du 10 au 25 novembre 2025 et a mobilisé les forces de sécurité de 119 pays et territoires, avec des résultats particulièrement significatifs en Espagne, au Costa Rica, au Pérou et au Brésil.

Selon le bilan communiqué par Interpol, l’opération a également permis d’empêcher que 4.414 personnes ne tombent dans les filets de réseaux de traite et d’identifier près de 13.000 migrants en situation irrégulière. Ces chiffres illustrent l’ampleur d’un phénomène criminel transnational qui s’adapte en permanence aux évolutions politiques, économiques et migratoires à l’échelle mondiale.

David Caunter, responsable de la lutte contre le crime organisé et émergent au sein d’Interpol, a salué la coopération « particulièrement efficace » de plusieurs pays, dont l’Espagne et la Colombie. Il a souligné que les réseaux démantelés combinent de plus en plus souvent plusieurs activités illégales, rendant leur détection et leur neutralisation plus complexes.

Démantèlement de réseaux en Espagne

En Espagne, les forces de l’ordre ont mis au jour une organisation criminelle spécialisée dans la traite de femmes à des fins d’exploitation sexuelle. Le réseau opérait à travers des salons de beauté et des centres de massage situés à Barcelone et à Marbella. Les enquêteurs ont identifié 21 victimes, majoritairement originaires de Colombie, qui vivaient sous surveillance constante, subissaient des abus et étaient contraintes de rembourser de prétendues dettes pouvant atteindre 6.000 euros par la prostitution.

Les investigations ont révélé que ces établissements servaient également de points de vente de stupéfiants, confirmant l’imbrication croissante entre la traite des êtres humains et le trafic de drogues. « En Espagne, nous avons constaté un lien direct entre exploitation des personnes et criminalité liée aux stupéfiants », a expliqué Caunter.

Cas graves en Amérique latine

L’opération Liberterra III a également mis en lumière des affaires particulièrement préoccupantes en Amérique latine. Au Costa Rica, un homme surnommé « El Gordo » a été arrêté pour avoir contraint des mineurs d’un institut technique à enregistrer des vidéos à caractère sexuel. Sa compagne, enseignante dans le même établissement, a également été interpellée, les autorités soupçonnant qu’elle facilitait l’accès du suspect à de nouvelles victimes.

Au Brésil, une vaste filière transnationale de trafic de migrants reliant le Pakistan, l’Afghanistan, le Mexique et les États-Unis a été démantelée. Le principal suspect a été arrêté, ses déplacements restreints et des avoirs d’une valeur d’environ 5,94 millions de réais ont été gelés. Ces actifs comprenaient des biens immobiliers, des véhicules, des embarcations, des aéronefs et des cryptomonnaies.

Le Pérou a constitué un autre point clé de l’opération. Les autorités y ont neutralisé le groupe criminel « Los Zorritos del Norte », soupçonné d’avoir fait passer au moins 30 migrants vénézuéliens, dont six mineurs, vers le Chili. Interpol a souligné que ces arrestations ont été rendues possibles grâce à la coopération avec une entreprise de transport routier, illustrant le rôle crucial du secteur privé dans la détection des réseaux illégaux.

Des routes migratoires en mutation

Au-delà des arrestations, Interpol observe une évolution notable des flux migratoires. Les autorités font état d’une inversion partielle des trajectoires, avec un nombre croissant de citoyens sud-américains se dirigeant vers le sud du continent en traversant l’Amérique centrale. Cette tendance serait influencée par les politiques migratoires régionales, sans que des pays précis ne soient explicitement cités.

Les déplacements vers le nord persistent, mais empruntent de plus en plus les voies maritimes et aériennes, plus coûteuses et plus dangereuses en raison du renforcement des contrôles et des risques sécuritaires. Parallèlement, la fraude documentaire demeure largement répandue, qu’il s’agisse de faux documents ou de documents authentiques obtenus frauduleusement.

Pour Interpol, les résultats de Liberterra III confirment la nécessité d’une coopération internationale soutenue afin de lutter efficacement contre la traite des êtres humains et le trafic de migrants, deux formes de criminalité qui exploitent les vulnérabilités humaines à l’échelle mondiale.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *