Rome impose à partir de ce samedi une immatriculation obligatoire pour les trottinettes électriques, dans le cadre d’un durcissement plus large des règles de circulation urbaine
L’Italie franchit une nouvelle étape dans l’encadrement des mobilités urbaines. Depuis ce samedi 16 mai, les utilisateurs de trottinettes électriques doivent obligatoirement équiper leur véhicule d’une plaque d’immatriculation, sous peine d’amendes pouvant atteindre 400 euros.
Cette mesure s’inscrit dans le nouveau code de la route adopté fin 2024 par le gouvernement italien, qui entend renforcer la sécurité routière face à l’explosion de l’usage des trottinettes dans les grandes villes du pays.
Le ministre italien des Infrastructures et des Transports, Matteo Salvini, avait alors défendu une réforme destinée à introduire « davantage de sécurité et de prévention » ainsi que des règles adaptées aux nouvelles formes de mobilité urbaine.
Une immatriculation simplifiée… mais déjà saturée
Après plusieurs mois de retard dans l’application du dispositif, les nouvelles règles entrent désormais officiellement en vigueur.
Les utilisateurs doivent obtenir une plaque via le portail national des automobilistes ou auprès des services d’immatriculation. Le coût varie entre 35 et 80 euros.
Il ne s’agit toutefois pas d’une plaque métallique classique comme pour les voitures ou les motos. Le dispositif prend la forme d’un autocollant rectangulaire portant une combinaison alphanumérique personnelle liée au propriétaire du véhicule et devant être placé de manière visible sur la trottinette.
Mais la mise en œuvre du système provoque déjà des tensions.
Selon le ministère italien des Transports, plus de 60 % des demandes ont été déposées au cours des dix derniers jours, provoquant files d’attente et retards administratifs dans plusieurs villes italiennes.
À Milan, Rome ou Turin, les autorités locales ont dû mettre en place des horaires exceptionnels et simplifier certaines procédures afin d’absorber l’afflux des demandes.
Vers un contrôle plus strict des nouvelles mobilités
À partir de dimanche, toute personne circulant sans immatriculation risque une amende pouvant atteindre 400 euros.
Certains usagers dénoncent cependant une entrée en vigueur trop rapide, soulignant que de nombreux conducteurs ayant effectué leur demande récemment ne recevront pas leur plaque à temps.
Cette réforme s’inscrit dans une volonté plus large des autorités italiennes de reprendre le contrôle sur des moyens de transport qui se sont multipliés dans les centres urbains ces dernières années, souvent au milieu d’un vide réglementaire.
L’assurance responsabilité civile obligatoire pour les trottinettes électriques a toutefois été repoussée au 16 juillet 2026 afin de laisser davantage de temps aux compagnies d’assurance pour préparer les nouvelles offres.
Concernant les trottinettes en libre-service, l’immatriculation sera associée à l’entreprise exploitant la flotte et non à l’utilisateur qui déverrouille le véhicule via une application mobile.
Cette nouvelle réglementation pourrait servir de référence à d’autres pays européens confrontés aux mêmes débats autour de la sécurité, de la responsabilité et du partage de l’espace public dans les grandes villes.