La Russie accuse les États-Unis de renforcer le blocus contre La Havane tout en exerçant une pression politique croissante sur le régime cubain
La Russie a vivement critiqué samedi la politique américaine à l’égard de Cuba, accusant Washington de faire preuve d’un « cynisme » croissant en durcissant les sanctions contre l’île tout en affichant une volonté de dialogue avec les autorités cubaines.
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a dénoncé ce qu’il considère comme une stratégie de pression permanente exercée contre La Havane sous couvert d’ouverture diplomatique.
« Nous sommes indignés par le niveau de cynisme avec lequel les États-Unis renforcent le blocus contre l’île tout en prétendant, dans le même temps, être disposés au dialogue », a déclaré le responsable russe.
Cuba au cœur des nouvelles tensions internationales
Ces déclarations interviennent dans un contexte d’aggravation de la crise économique et énergétique cubaine, accentuée par les nouvelles mesures américaines visant les approvisionnements pétroliers de l’île.
Depuis la fin de l’année 2025, Washington a considérablement renforcé sa pression économique contre Cuba, notamment dans le secteur énergétique, provoquant d’importantes difficultés d’approvisionnement et une paralysie partielle de l’activité publique.
Les États-Unis réclament depuis plusieurs mois des réformes économiques et politiques profondes à La Havane. Les autorités cubaines refusent toutefois ces exigences, estimant qu’elles relèvent exclusivement de la souveraineté nationale.
Moscou relance le discours contre la doctrine Monroe
Sergueï Riabkov a également qualifié le blocus américain de « manifestation flagrante et cynique de la doctrine Monroe », faisant référence à la politique historique d’influence des États-Unis sur le continent américain.
Selon le diplomate russe, Cuba représente aujourd’hui « un symbole de l’émergence d’un nouvel ordre mondial », mettant en avant la résilience de l’île malgré des décennies de sanctions économiques.
Moscou cherche depuis plusieurs mois à renforcer ses liens stratégiques avec plusieurs pays latino-américains en tension avec Washington, notamment Cuba, le Venezuela et le Nicaragua.
Pressions, négociations et rivalité globale
Le vice-ministre russe a par ailleurs confirmé que Moscou suivait de près les récents échanges entre des représentants de la CIA et des responsables cubains, précisant que la Russie restait en contact permanent avec le gouvernement de La Havane.
Même si peu d’informations filtrent sur ces discussions, elles semblent s’inscrire dans une stratégie américaine mêlant pression économique et tentative de négociation politique.
Pendant ce temps, la crise énergétique cubaine continue de s’aggraver. Les pénuries de carburant affectent plusieurs secteurs essentiels de l’économie et alimentent les tensions sociales dans le pays.
À plusieurs reprises, l’ONU a dénoncé le blocus américain contre Cuba, le qualifiant de contraire au droit international.
Mais dans le contexte actuel de rivalité entre grandes puissances, Cuba apparaît de nouveau comme un terrain symbolique d’affrontement entre Washington et Moscou.