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L’ONU alerte sur un nouveau cycle de chaleur extrême : la planète continuera de battre des records jusqu’en 2030

28 mai 2026 - 09:53

L’Organisation météorologique mondiale estime à 75 % la probabilité que la planète dépasse temporairement le seuil critique de 1,5 °C avant 2030. Le rapport confirme une accélération du réchauffement climatique et annonce des conséquences de plus en plus sévères sur l’équilibre mondial.

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a lancé jeudi une nouvelle alerte sur l’évolution du climat mondial : la planète s’oriente vers un nouveau cycle de températures « record ou quasi record » au cours des prochaines années, confirmant l’accélération du réchauffement climatique à l’échelle globale.

Dans son nouveau bulletin climatique annuel et décennal, élaboré avec le Met Office britannique et treize autres centres scientifiques internationaux, l’agence des Nations unies estime qu’il existe désormais 75 % de probabilités que la température moyenne mondiale dépasse temporairement le seuil de 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle entre 2026 et 2030.

Le rapport juge également « très probable » — avec une probabilité de 86 % — qu’au moins une des cinq prochaines années dépasse le record absolu de chaleur enregistré en 2024, actuellement considérée comme l’année la plus chaude jamais mesurée.

Pour les experts de l’ONU, cette évolution résulte principalement de l’impact durable des émissions humaines de gaz à effet de serre, aggravé par un possible retour du phénomène climatique El Niño à partir de la fin de l’année 2026.

« Les prévisions indiquent une évolution préoccupante vers des conditions similaires à El Niño, notamment en 2027 et 2028 », a expliqué Leon Hermanson, principal auteur du rapport.

Ce phénomène, lié au réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial, perturbe les équilibres climatiques mondiaux et favorise généralement des vagues de chaleur plus intenses, des sécheresses prolongées, des pluies extrêmes ainsi que des incendies de forêt de grande ampleur.

Selon l’OMM, les températures mondiales pourraient se situer entre 1,3 °C et 1,9 °C au-dessus de la moyenne observée entre 1850 et 1900, période de référence préindustrielle.

Même si l’Accord de Paris fixe comme objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C — et au maximum à 2 °C — sur le long terme, l’ONU prévient que les dépassements temporaires de ces seuils deviendront de plus en plus fréquents dans les années à venir.

Le rapport souligne également la situation particulièrement préoccupante de l’Arctique, où le réchauffement progresse beaucoup plus rapidement que dans le reste du monde. Durant les prochains hivers de l’hémisphère nord, certaines régions arctiques pourraient enregistrer des températures proches de 2,8 °C au-dessus des moyennes observées entre 1991 et 2020.

La réduction continue de la banquise dans les mers de Barents, de Béring et d’Okhotsk illustre, selon les scientifiques, une transformation accélérée de l’écosystème polaire, avec des conséquences directes sur l’équilibre climatique mondial.

L’ONU prévoit également une augmentation des précipitations dans les hautes latitudes de l’hémisphère nord, tandis que d’autres régions pourraient être confrontées à des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents et plus destructeurs.

Au-delà des chiffres, ce nouveau rapport confirme que le changement climatique n’est plus une menace lointaine mais une réalité structurelle qui redéfinit déjà les équilibres économiques, agricoles, alimentaires et géopolitiques à travers le monde.

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