Le mouvement étudiant contre les irrégularités des examens nationaux a remporté samedi une victoire politique majeure avec la démission du ministre indien de l’Éducation, Dharmendra Pradhan. Né sur les réseaux sociaux, le mouvement surnommé le « Parti populaire des Cafards » est devenu le symbole d’une contestation qui fragilise le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi.
Le ministre annonce son départ
Dharmendra Pradhan a annoncé sa démission sur le réseau social X, affirmant avoir pris cette décision « afin de préserver l’unité de la nation et de permettre aux étudiants de se consacrer à leurs études et à leur avenir ».
La nouvelle a été accueillie par les acclamations de milliers d’étudiants rassemblés depuis lundi sur l’esplanade de Jantar Mantar, au cœur de New Delhi.
Le « Cockroach People’s Party » (CJP), à l’origine du mouvement, a immédiatement salué cette décision. « Vive le pouvoir des étudiants ! » et « La démocratie a triomphé », a écrit l’organisation sur les réseaux sociaux. Son fondateur, Abhijeet Dipke, a célébré cette victoire en déclarant : « Nous y sommes arrivés ! ».
Des irrégularités lors d’un concours de médecine
La mobilisation est née après la révélation d’importantes irrégularités lors du concours national d’entrée en médecine organisé en mai, auquel ont participé plus de deux millions de candidats.
Selon plusieurs médias indiens, l’annulation de l’épreuve aurait été suivie du suicide d’une vingtaine d’étudiants, alimentant une profonde indignation dans le pays.
Lundi, la police avait dispersé une manifestation en direction du Parlement à l’aide de matraques et de gaz lacrymogènes. Les autorités font état de 180 blessés, tandis que les organisateurs évoquent un bilan bien plus élevé.
Une contestation devenue politique
Au fil des jours, les revendications se sont élargies aux difficultés d’accès à l’emploi des jeunes diplômés ainsi qu’aux critiques visant le mode de gouvernance du Premier ministre Narendra Modi.
« Les étudiants ont raison de protester, mais remplacer un ministre ne suffira probablement pas. C’est tout le système qu’il faut réformer », a déclaré à l’AFP un ingénieur participant aux rassemblements.
La démission intervient quelques heures avant une rencontre prévue entre le gouvernement et les représentants du mouvement étudiant.
Le gouvernement tente d’apaiser la crise
Sous la pression, le gouvernement indien a adopté vendredi un projet de réforme prévoyant des procédures judiciaires accélérées et un renforcement des sanctions contre les fraudes aux examens.
Le texte doit désormais être examiné par le Parlement.
De son côté, Narendra Modi a publié un message saluant les « contributions positives » des étudiants au débat public.
Pour plusieurs analystes, cette crise constitue l’un des revers politiques les plus importants subis par le chef du gouvernement depuis sa réélection en 2024. L’opposition, conduite par Rahul Gandhi et le Parti du Congrès, réclame désormais la démission du Premier ministre lui-même.