Face à l’expansion des réseaux criminels opérant à l’échelle régionale, cinq pays d’Amérique du Sud ont décidé de renforcer leur coopération en matière de sécurité. Réunis à Santiago du Chili, leurs responsables ont convenu de préparer un plan commun visant à lutter contre les organisations criminelles et à améliorer le contrôle des flux financiers et migratoires.
L’essor du crime organisé transnational est devenu l’une des principales préoccupations sécuritaires en Amérique du Sud. Pour y faire face, les ministres des Affaires étrangères et de la Sécurité de l’Argentine, du Chili, de la Bolivie, de l’Équateur et du Pérou se sont réunis à Santiago afin de définir une stratégie coordonnée à l’échelle régionale.
À l’issue de la rencontre, les participants ont annoncé la création d’un groupe de travail chargé d’élaborer des mesures communes en matière de contrôle des frontières, de surveillance migratoire, de renseignement financier et de coopération entre services de sécurité.
Cette initiative vise notamment à répondre à la montée en puissance de réseaux criminels transnationaux, dont l’organisation vénézuélienne Tren de Aragua, aujourd’hui considérée par plusieurs gouvernements comme une menace majeure pour la stabilité régionale.
« Nous allons affronter la criminalité ensemble. Nous voulons apporter davantage de sécurité et de sérénité à nos concitoyens », a déclaré le ministre chilien des Affaires étrangères, Francisco Pérez Mackenna.
Les inquiétudes des gouvernements sud-américains sont alimentées par la dégradation de la situation sécuritaire dans plusieurs pays. L’Équateur apparaît aujourd’hui comme l’exemple le plus préoccupant, avec une explosion du nombre d’homicides au cours des dernières années.
Selon les chiffres évoqués lors de la réunion, le pays a enregistré en 2025 un taux de 51 homicides pour 100.000 habitants, l’un des plus élevés du continent.
Le procureur national chilien, Ángel Valencia, a rappelé que l’Amérique latine demeure la région la plus touchée par les violences criminelles en dehors des zones de conflit armé. Une part importante des homicides recensés est directement liée aux activités du crime organisé.
Les participants ont également décidé de soumettre prochainement le « Compromis régional de Santiago » à l’Organisation des États américains afin d’élargir cette coopération à d’autres pays du continent.
Cette démarche bénéficie du soutien du président chilien José Antonio Kast, qui a fait de la lutte contre l’insécurité l’une des priorités de son mandat.
Le groupe de travail se réunira à nouveau dans six mois en Argentine afin de préciser les mécanismes de coopération et les actions communes destinées à enrayer l’expansion des réseaux criminels dans la région.