Le président chinois Xi Jinping effectuera les 8 et 9 juin une visite d’État en Corée du Nord, son premier déplacement à l’étranger en 2026. Au-delà de la dimension protocolaire, cette visite intervient dans un contexte de recomposition des équilibres géopolitiques en Asie, marqué par le rapprochement entre Pyongyang et Moscou, les tensions avec Washington et les préoccupations liées au programme nucléaire nord-coréen.
La télévision publique chinoise CCTV a annoncé vendredi que Xi Jinping se rendra à Pyongyang à l’invitation du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un. L’information a également été confirmée par l’agence officielle KCNA.
Ce déplacement revêt une importance particulière. Il intervient quelques semaines seulement après les visites à Pékin du président américain Donald Trump et du président russe Vladimir Poutine, illustrant le rôle croissant de la Chine dans les grands équilibres internationaux.
Pékin veut réaffirmer son influence sur Pyongyang
La Chine demeure le principal partenaire économique et diplomatique de la Corée du Nord. Malgré le rapprochement spectaculaire entre Pyongyang et Moscou depuis le début de la guerre en Ukraine, le régime nord-coréen reste largement dépendant de son voisin chinois pour son commerce extérieur, son approvisionnement énergétique et une partie de son soutien financier.
Pour plusieurs analystes, le choix de la Corée du Nord comme première destination internationale de Xi Jinping cette année constitue un signal destiné à rappeler que Pékin demeure l’acteur incontournable dans la péninsule coréenne.
La visite intervient alors que certains observateurs occidentaux évoquent un basculement progressif de Pyongyang vers l’orbite russe. En se rendant personnellement en Corée du Nord, Xi Jinping entend démontrer que la Chine conserve un rôle central dans les orientations stratégiques du régime de Kim Jong Un.
Le dossier nucléaire au cœur des discussions
Le programme nucléaire nord-coréen devrait figurer parmi les principaux sujets abordés lors des entretiens.
Cette semaine encore, Kim Jong Un a annoncé un renforcement « exponentiel » des capacités nucléaires de son pays. Une déclaration qui inquiète les puissances régionales mais également Pékin.
Si la Chine s’oppose aux pressions occidentales visant la Corée du Nord, elle redoute également qu’une escalade militaire dans la région ne provoque une déstabilisation majeure de son environnement stratégique et un renforcement de la présence militaire américaine en Asie orientale.
Les experts estiment ainsi que Xi Jinping cherchera à encourager davantage de retenue de la part de Pyongyang tout en préservant les intérêts sécuritaires de son allié historique.
Une Chine de plus en plus active sur la scène internationale
Cette visite s’inscrit dans la stratégie plus large de Pékin visant à renforcer son image de puissance diplomatique globale.
Au cours des dernières années, la Chine a multiplié les initiatives de médiation et les efforts de coordination internationale sur plusieurs dossiers majeurs, de l’Ukraine au Moyen-Orient, en passant par les questions technologiques et commerciales.
Pour les autorités chinoises, la stabilité de la péninsule coréenne reste un enjeu majeur, tant pour la sécurité régionale que pour la crédibilité internationale de Pékin.
Au-delà des résultats concrets de cette rencontre, le déplacement de Xi Jinping confirme que l’Asie du Nord-Est demeure l’un des principaux théâtres où se joue la compétition stratégique entre les grandes puissances du XXIe siècle.