>

Mondial 2026 : la chaleur extrême inquiète déjà les experts du sport

11 juin 2026 - 11:47

 À quatre ans du Mondial 2030 que le Maroc organisera avec l’Espagne et le Portugal, les alertes se multiplient sur l’impact du changement climatique sur les grandes compétitions sportives. À l’approche de la Coupe du monde 2026, qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique, plusieurs spécialistes appellent à traiter les vagues de chaleur comme un risque majeur pour la santé des joueurs et des spectateurs.

Réunis lors d’un échange avec la presse internationale, des chercheurs et experts environnementaux ont estimé que le tournoi nord-américain pourrait devenir le plus chaud jamais organisé, dans un contexte de hausse continue des températures mondiales.

Pour Katharine Hayhoe, scientifique en chef de l’organisation environnementale The Nature Conservancy, la question dépasse désormais le simple confort des supporters.

« Notre santé dépend de celle de la planète, et de nombreuses solutions aux problèmes sanitaires passent par la nature », a-t-elle déclaré.

Repenser l’organisation des compétitions

Les seize villes hôtes du Mondial 2026 sont confrontées à des épisodes de chaleur de plus en plus fréquents et intenses. Jennifer Vanos, professeure de durabilité à l’Université d’Arizona, estime que les organisateurs doivent intégrer cette nouvelle réalité dans la planification des événements sportifs.

Selon elle, la protection des joueurs et du public passera notamment par l’adaptation des horaires des rencontres, le renforcement des pauses hydratation et la mise en place de protocoles comparables à ceux déjà utilisés lors d’orages ou de phénomènes météorologiques extrêmes.

« Nous avons des procédures très précises lorsqu’il y a des éclairs ou des tempêtes. Il est temps de considérer la chaleur avec le même niveau de sérieux », souligne-t-elle.

Les arbres, alliés contre les îlots de chaleur

Les spécialistes mettent également en avant les solutions fondées sur la nature pour limiter les effets des fortes températures dans les villes accueillant les compétitions.

Rob McDonald, expert des stratégies de lutte contre les îlots de chaleur urbains, rappelle que le bien-être des visiteurs dépend autant de la ville que du stade lui-même.

Selon une étude récente publiée dans la revue scientifique Nature, près de la moitié du réchauffement urbain est aujourd’hui atténuée grâce à la présence des arbres. Sans couverture végétale, les températures observées dans de nombreuses métropoles seraient nettement plus élevées.

Les bénéfices restent toutefois très inégalement répartis. Les villes les plus riches disposent généralement d’une couverture arborée plus importante, tandis que certaines grandes agglomérations des pays émergents restent particulièrement exposées.

Un enjeu pour le Mondial 2030

Si les experts insistent sur le rôle des arbres et des espaces verts, ils rappellent que ces mesures ne pourront compenser qu’une partie du réchauffement attendu au cours des prochaines décennies.

Pour les futurs organisateurs du Mondial 2030, dont le Maroc, le défi sera double : adapter les infrastructures sportives aux nouvelles conditions climatiques tout en repensant les espaces urbains autour des stades afin de protéger les supporters lors de leurs déplacements.

La question de la chaleur extrême, longtemps considérée comme un problème secondaire dans le sport professionnel, s’impose désormais comme l’un des principaux défis de l’organisation des grandes compétitions internationales.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *