Le sénateur Flávio Bolsonaro a été officiellement investi samedi comme candidat du Parti libéral (PL) à l’élection présidentielle d’octobre, lors d’une convention organisée à São Paulo. Cette désignation marque une nouvelle étape pour le camp conservateur brésilien, désormais contraint de se réorganiser autour du fils aîné de Jair Bolsonaro, placé en résidence surveillée et écarté de la vie politique après sa condamnation dans l’affaire de la tentative de coup d’État de 2022.
Devant près d’un millier de militants, en présence du président argentin Javier Milei, Flávio Bolsonaro s’est présenté comme le continuateur naturel du mouvement lancé par son père. « Je suis peut-être plus calme et plus modéré, mais le sang des Bolsonaro coule dans mes veines », a-t-il lancé, promettant que son père l’accompagnerait symboliquement au palais du Planalto en cas de victoire.
Cette investiture intervient alors que la droite traverse une période délicate. Le candidat a récemment été fragilisé par plusieurs polémiques, notamment après la révélation de messages adressés à un banquier poursuivi pour une vaste fraude financière afin d’obtenir un soutien pour un film consacré à Jair Bolsonaro. À cela se sont ajoutées des tensions publiques avec Michelle Bolsonaro, personnalité influente auprès de l’électorat évangélique et féminin, même si les deux protagonistes ont affiché une réconciliation avant le congrès.
Sur le terrain électoral, la bataille s’annonce particulièrement serrée. Selon le dernier sondage Datafolha, le président Luiz Inácio Lula da Silva conserverait un avantage dans un éventuel second tour avec 48 % des intentions de vote, contre 43 % pour Flávio Bolsonaro.
La campagne se déroule également sur fond de fortes tensions diplomatiques entre Brasília et Washington. Les nouveaux droits de douane imposés par l’administration de Donald Trump aux produits brésiliens ont alimenté les échanges virulents entre les deux camps. Le gouvernement brésilien a par ailleurs refusé l’entrée sur son territoire à deux responsables américains qui souhaitaient rencontrer des autorités électorales, invoquant un risque d’instrumentalisation politique. Lula accuse régulièrement son adversaire d’entretenir une proximité excessive avec Washington au détriment des intérêts nationaux.
Au-delà de l’échéance électorale, ce scrutin constituera un test majeur pour le bolsonarisme. Pour la première fois, le mouvement devra démontrer qu’il peut conserver son influence sans la candidature de son fondateur et convaincre que le nom Bolsonaro reste, à lui seul, un moteur politique capable de rivaliser avec Lula.