Le gouvernement espagnol cherche à désengorger Ceuta, confrontée à l’arrivée massive de migrants lors de la récente crise migratoire, en activant le mécanisme national de répartition des mineurs étrangers non accompagnés entre les différentes communautés autonomes.
En visite dans l’enclave espagnole, le président du gouvernement, Pedro Sánchez, a appelé les régions à faire preuve de « solidarité », estimant que la prise en charge des quelque 7 000 mineurs présents parmi les migrants arrivés ces derniers jours devait relever d’une responsabilité collective. Selon la législation espagnole, ces mineurs ne peuvent être renvoyés de force dans leur pays d’origine, sauf si leurs familles en demandent expressément le retour.
Le chef de l’exécutif a rappelé que l’Espagne avait déjà été confrontée à une situation comparable lors de la crise de mai 2021, lorsque plusieurs milliers de migrants avaient franchi la frontière de Ceuta. À l’époque, plusieurs communautés autonomes avaient accepté d’accueillir des mineurs afin d’alléger la pression sur les structures locales.
Un mécanisme de solidarité déjà inscrit dans la loi
Le gouvernement entend désormais appliquer le dispositif adopté en 2025, qui prévoit une répartition obligatoire des mineurs non accompagnés entre les différentes régions lorsque certains territoires, comme Ceuta, Melilla ou les Canaries, dépassent largement leur capacité d’accueil.
La ministre espagnole de la Jeunesse et de l’Enfance, Sira Rego, a confirmé que ses services travaillaient avec les administrations concernées afin d’organiser rapidement cette redistribution, tout en poursuivant les opérations d’identification des mineurs et l’évaluation de leur situation familiale.
Une pression qui ravive les débats politiques
La question de la répartition des mineurs est redevenue l’un des principaux sujets de confrontation politique en Espagne. Plusieurs gouvernements régionaux ont exprimé leurs réserves quant à leur capacité d’accueil, tandis que l’opposition critique la gestion de la crise par l’exécutif de Pedro Sánchez.
Au-delà du débat intérieur espagnol, cette situation illustre également les conséquences que les arrivées massives de migrants peuvent avoir sur les dispositifs de protection de l’enfance et sur l’organisation territoriale de l’État.
Le Maroc poursuit les retours volontaires et la coopération
Depuis le début de la crise, Rabat et Madrid maintiennent une coordination étroite en matière migratoire. Les autorités marocaines ont engagé des opérations de retour pour une grande partie des migrants ayant franchi la frontière, tandis que les autorités espagnoles concentrent désormais leurs efforts sur les mineurs qui relèvent d’un cadre juridique spécifique.
Cette évolution met en évidence une distinction essentielle : alors que les adultes peuvent être rapidement réadmis dans le cadre de la coopération bilatérale, le traitement des mineurs non accompagnés obéit au droit espagnol et aux conventions internationales relatives à la protection de l’enfance, ce qui complique leur prise en charge et prolonge leur présence sur le territoire espagnol.