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La reconnaissance marocaine du Sahara par la Colombie trouve un large écho dans la presse italienne, maltaise et albanaise

11 août 2026 - 13:09

 Plusieurs médias d’Europe du Sud ont largement relayé le changement de position de Bogotá, majoritairement présenté comme un succès diplomatique pour Rabat et comme le point de départ d’un partenariat stratégique entre le Maroc et la Colombie.

La décision de la Colombie de reconnaître la souveraineté du Maroc sur son Sahara et de retirer sa reconnaissance à la « RASD » a bénéficié d’une importante couverture dans la presse italienne, maltaise et albanaise.

D’Italpress à Agenzia Nova, en passant par Agenparl, Notizie Geopolitiche, Mediterranews, l’albanais JavaNews et Malta News Agency, les publications consultées convergent sur un point : le changement de position de Bogotá constitue une avancée significative pour la diplomatie marocaine.

Les titres emploient généralement des formulations explicites. La plupart parlent d’une reconnaissance de la « souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental », d’un « tournant » dans la politique colombienne ou encore de l’ouverture d’une nouvelle étape dans les relations entre Bogotá et Rabat.

Une décision présentée comme un succès marocain

La couverture italienne insiste particulièrement sur la portée politique de la décision. Italpress décrit un tournant significatif dans les rapports entre les deux pays et rattache cette évolution à la volonté du nouveau gouvernement colombien de reconstruire sa relation avec le Royaume sur une base stratégique et durable.

Agenzia Nova présente également la reconnaissance comme un développement important, susceptible de renforcer la dynamique internationale favorable à la position marocaine.

D’autres médias italiens, notamment Agenparl, Metropolis et Notizie Geopolitiche, accordent une place plus importante au retrait de la reconnaissance de la « RASD ». Cette dimension est essentielle, car la Colombie ne s’est pas limitée à soutenir le plan d’autonomie marocain : elle a abandonné une relation diplomatique avec l’entité séparatiste pour adopter une position explicite en faveur de la souveraineté du Royaume.

Plusieurs publications reprennent également l’appréciation de Nasser Bourita, qui a qualifié la décision d’« historique » et estimé qu’elle pourrait donner un nouvel élan aux relations bilatérales.

Un écho qui dépasse la seule presse italienne

En Albanie, JavaNews reprend la nouvelle en soulignant le caractère stratégique du rapprochement entre la Colombie et le Maroc. À Malte, Malta News Agency insiste également sur la volonté colombienne de développer une relation de long terme avec Rabat.

Cette diffusion dans des espaces médiatiques qui suivent habituellement le dossier du Sahara de manière moins soutenue que les presses française ou espagnole constitue en elle-même un élément favorable au Maroc.

Elle montre que le changement colombien a dépassé le cadre bilatéral et qu’il est désormais repris dans différentes langues européennes comme une évolution diplomatique significative.

La terminologie employée mérite également l’attention. Les expressions « souveraineté marocaine », « provinces du Sud » et « retrait de la reconnaissance de la RASD » circulent sans les précautions lexicales qui caractérisaient traditionnellement une partie de la presse européenne.

Cette évolution contribue à rendre la lecture marocaine du dossier plus familière auprès de publics qui y étaient jusqu’ici relativement peu exposés.

De l’Amérique latine vers l’Europe

La décision colombienne revêt une valeur particulière en raison du poids historique du Polisario en Amérique latine. La « RASD » y a longtemps bénéficié de soutiens construits autour d’affinités idéologiques et de références aux mouvements anticoloniaux.

Le changement opéré par Bogotá montre que ces positions ne sont pas irréversibles. Elles peuvent évoluer lorsque les gouvernements accordent davantage de poids à leurs intérêts économiques, à la stabilité régionale et aux possibilités de coopération avec le Maroc.

La presse européenne consultée reprend précisément cette lecture pragmatique. Elle souligne les perspectives d’un partenariat dans lequel le Maroc servirait de plateforme d’accès à l’Afrique et au monde arabe, tandis que la Colombie offrirait au Royaume un relais vers les marchés latino-américains.

L’agriculture, les engrais, les infrastructures, le commerce, les investissements et la connectivité atlantique peuvent donner un contenu concret à cette nouvelle relation.

Une portée renforcée par le Conseil de sécurité

Le changement colombien est d’autant plus important que le pays siège actuellement comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.

La question du Sahara y revient régulièrement, notamment à l’occasion du renouvellement du mandat de la Minurso. La nouvelle position de Bogotá pourrait donc se traduire dans son comportement diplomatique, ses interventions et ses votes.

Pour Rabat, cet élément donne à la reconnaissance colombienne une portée plus opérationnelle que celle d’un simple soutien symbolique. Il faudra toutefois observer comment le gouvernement colombien traduira sa décision dans les enceintes multilatérales.

Un large écho, mais une source souvent commune

Le nombre de publications ne doit pas être interprété comme autant de prises de position éditoriales indépendantes. Une partie importante des articles reprend ou adapte une même dépêche, notamment celle d’Italpress, tandis que d’autres semblent s’appuyer sur un communiqué ou une source diplomatique commune.

Cette précision ne réduit pas l’intérêt de la couverture. Elle permet simplement d’en mesurer correctement la portée : il ne s’agit pas de nouvelles reconnaissances officielles émanant de l’Italie, de Malte ou de l’Albanie, mais d’une diffusion médiatique favorable de la décision colombienne dans ces trois pays.

Le bénéfice pour le Maroc se situe donc sur le terrain de la visibilité et de la normalisation du discours. Une avancée diplomatique obtenue en Amérique latine trouve un relais dans la presse européenne et contribue à installer l’idée que la souveraineté marocaine et l’autonomie constituent désormais des références centrales du débat international.

Une victoire à convertir en partenariat durable

La couverture étudiée met en lumière trois acquis pour Rabat : l’affaiblissement du réseau diplomatique de la « RASD » en Amérique latine, la visibilité européenne du changement colombien et l’ouverture d’un partenariat économique entre les deux rives de l’Atlantique.

Le défi sera désormais de transformer cette reconnaissance en décisions durables : coordination au Conseil de sécurité, accords économiques, échanges institutionnels et investissements communs.

La réussite diplomatique est réelle. Sa consolidation dépendra de la capacité du Maroc et de la Colombie à donner à leur rapprochement une profondeur suffisante pour résister aux futures alternances politiques.

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