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La presse colombienne souligne le tournant diplomatique de Bogotá en faveur du Maroc

12 août 2026 - 12:49

La décision de la Colombie de geler ses relations avec la prétendue « RASD » et de reconnaître la souveraineté du Maroc sur son Sahara bénéficie d’une large couverture médiatique dans le pays. Plusieurs journaux mettent également en avant les perspectives économiques ouvertes par ce rapprochement avec Rabat.

La nouvelle orientation de la Colombie sur la question du Sahara marocain suscite un important écho dans les médias nationaux. El Tiempo, Semana et Opinión Caribe ont largement relayé la décision du gouvernement colombien de suspendre ses relations politiques et diplomatiques avec la prétendue « République arabe sahraouie démocratique » et de reconnaître la souveraineté du Royaume sur l’ensemble de son territoire.

L’hebdomadaire Semana présente cette décision comme un tournant majeur de la politique étrangère colombienne. Le média rappelle qu’elle intervient à la suite d’un « réexamen souverain » de la reconnaissance accordée à l’entité séparatiste sous le précédent gouvernement.

Bogotá ne maintiendra désormais plus de contacts politiques ou diplomatiques avec la « RASD », ne procédera à aucun échange de missions et cessera de lui apporter son soutien au sein des instances multilatérales. Cette nouvelle position s’étendra notamment aux Nations unies et au Conseil de sécurité, où la Colombie siège actuellement en qualité de membre non permanent.

Selon la diplomatie colombienne, cette réorientation s’inscrit dans le respect du droit international et de la Charte des Nations unies. Elle tient également compte des nouvelles dynamiques créées par la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée en 2025, qui a renforcé la place de l’initiative marocaine d’autonomie dans la recherche d’une solution politique au différend régional.

De son côté, Opinión Caribe insiste sur la rupture avec la politique suivie par l’ancien président Gustavo Petro. Celui-ci avait rétabli, en août 2022, les relations avec l’entité séparatiste, après plus de vingt ans de gel. Le média considère que la nouvelle décision rapproche clairement Bogotá de la position défendue par Rabat et inaugure une nouvelle étape dans les relations maroco-colombiennes.

Au-delà de sa portée diplomatique, ce rapprochement pourrait déboucher sur une coopération économique plus ambitieuse. El Tiempo met ainsi en relief les déclarations du vice-président colombien José Manuel Restrepo, qui a évoqué la possibilité de négocier un accord de libre-échange avec le Maroc et de favoriser les investissements entre les deux pays.

La nouvelle feuille de route bilatérale devrait notamment porter sur le commerce, le tourisme, la sécurité alimentaire, les infrastructures portuaires, la logistique et la connectivité atlantique. Bogotá entend ainsi donner une profondeur stratégique à une relation diplomatique établie depuis près d’un demi-siècle.

Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a qualifié la décision colombienne d’« historique », estimant qu’elle permettra d’ouvrir une nouvelle page et d’imprimer un nouvel élan aux relations entre Rabat et Bogotá.

Par sa portée politique comme par les perspectives économiques qu’elle ouvre, cette réorientation constitue l’une des premières décisions diplomatiques majeures de la nouvelle administration colombienne. Elle confirme également la dynamique internationale croissante en faveur de la souveraineté du Maroc sur son Sahara et de son initiative d’autonomie.

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