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Trente-deux pays condamnent l’exécution de manifestants en Iran

13 août 2026 - 09:02

L’Espagne, la France, le Royaume-Uni et le Canada figurent parmi les signataires d’une déclaration accusant Téhéran d’utiliser la peine capitale pour réprimer la dissidence. L’Iran rejette ces critiques et dénonce l’« hypocrisie » des pays occidentaux.

Une coalition de 32 pays a condamné mercredi les récentes exécutions de personnes condamnées pour leur participation aux manifestations en Iran et appelé Téhéran à mettre fin au recours à la peine capitale contre les voix dissidentes.

L’Espagne, la France, le Royaume-Uni et le Canada comptent parmi les signataires de cette déclaration, également soutenue par la haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas.

« Le recours à la peine capitale pour réduire les dissidents au silence, intimider des communautés et punir des personnes exerçant leurs droits fondamentaux ne saurait être justifié en aucune circonstance », affirment les signataires.

Ils demandent à la République islamique de cesser immédiatement d’appliquer la peine de mort et de libérer toutes les personnes détenues arbitrairement. Ils l’appellent également à respecter les libertés d’expression, de réunion et de manifestation pacifique.

La déclaration avait initialement réuni Kaja Kallas et 26 pays. D’autres États l’ont ensuite rejointe, portant à 32 le nombre de signataires, selon une précision apportée par le ministère français des Affaires étrangères à l’AFP.

Téhéran dénonce une « hypocrisie flagrante »

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a rejeté ces critiques en visant particulièrement la France.

« Des pays comme la France devraient cesser de donner des leçons au monde sur les droits humains et le droit international. L’hypocrisie est flagrante et honteuse », a-t-il écrit sur le réseau social X.

Le chef de la diplomatie iranienne estime que le soutien occidental à Israël pendant la guerre à Gaza et l’offensive contre l’Iran a privé ces pays de toute autorité morale.

Cette réponse déplace la controverse vers l’attitude des États signataires dans d’autres conflits, mais ne répond pas directement aux accusations relatives aux procès, aux condamnations à mort et à l’utilisation de la peine capitale contre des manifestants.

Au moins 56 exécutions depuis le 19 mars

Le nombre d’exécutions a augmenté en Iran depuis le déclenchement, le 28 février, de la guerre provoquée par l’offensive américaine et israélienne. Plusieurs condamnés avaient participé au mouvement de protestation amorcé à la fin de décembre 2025.

Au début du mois d’août, le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a accusé les autorités iraniennes d’utiliser la peine de mort pour « instiller la peur » au sein de la population.

Selon des données des Nations unies citées par l’AFP, au moins 56 personnes ont été exécutées depuis le 19 mars pour des accusations liées à la sécurité nationale. Dans 27 cas, les poursuites étaient en rapport avec les manifestations.

Plus d’une centaine d’autres personnes risqueraient par ailleurs d’être condamnées à mort, avertit l’ONU.

Cette mobilisation diplomatique accroît la pression internationale sur Téhéran. La déclaration ne prévoit toutefois ni sanctions ni autres mesures contraignantes : sa portée immédiate demeure principalement politique.

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