>

Crise à la FIFA : Motsepe renvoie les adversaires d’Infantino aux urnes de Rabat

15 août 2026 - 08:43

Alors que Gianni Infantino affronte une contestation sans précédent à la tête de la FIFA, le président de la Confédération africaine de football, Patrice Motsepe, appelle ses opposants à emprunter la voie électorale. Le prochain scrutin, prévu le 18 mars 2027 à Rabat, s’annonce comme une bataille décisive pour la gouvernance du football mondial.

Le sort de Gianni Infantino doit être tranché par les 211 associations membres de la FIFA et non par une confrontation entre confédérations, estime Patrice Motsepe.

Dans un entretien accordé mercredi à Sky News, le président de la Confédération africaine de football (CAF) a invité les adversaires du dirigeant italo-suisse à respecter les mécanismes prévus par les statuts de l’organisation.

« Laissez les 211 associations membres décider », a-t-il déclaré en substance, en rappelant que toute personne souhaitant contester Infantino pouvait présenter sa candidature lors de la prochaine élection.

Le président de la FIFA, âgé de 56 ans, a déjà annoncé qu’il briguerait un nouveau mandat. L’élection se tiendra le 18 mars 2027 à Rabat, à l’occasion du 77e Congrès de l’instance internationale.

Une crise provoquée par un projet financier controversé

La fronde contre Infantino trouve son origine dans un projet visant à céder à des investisseurs privés 20 % des droits commerciaux liés aux futures Coupes du monde. L’opération devait permettre de lever environ 4,2 milliards de dollars.

Présentée sans concertation jugée suffisante par plusieurs dirigeants du football mondial, la proposition a provoqué une levée de boucliers. Infantino a finalement renoncé au projet et reconnu des erreurs dans sa gestion, sans parvenir à apaiser la crise.

Dans une lettre commune, l’UEFA, la Confédération asiatique de football (AFC) et la Concacaf ont accusé le président de la FIFA d’avoir rompu la confiance au sein de l’organisation. Elles réclament une évaluation indépendante du processus ayant conduit à cette proposition et des garanties contre le retour d’un dispositif similaire.

Les trois confédérations, qui regroupent ensemble 136 des 211 associations membres de la FIFA, ont également évoqué la possibilité de boycotter certaines compétitions si elles n’obtenaient pas d’engagements suffisants en matière de gouvernance.

La Fédération irlandaise a, de son côté, retiré officiellement le soutien qu’elle avait accordé à Infantino, invoquant des préoccupations relatives à la transparence, à la gouvernance et au manque de consultation. D’autres fédérations européennes ont rejoint les critiques formulées par l’UEFA.

La CAF maintient son soutien

Face à cette contestation, Patrice Motsepe défend le respect des procédures et estime que les accusations éventuelles doivent être traitées dans le cadre institutionnel de la FIFA. Pour le dirigeant sud-africain, aucun responsable ne doit échapper au contrôle, mais chacun doit bénéficier d’un traitement équitable.

Motsepe a également confirmé le soutien de la CAF à Infantino, mettant en avant son engagement en faveur du développement du football africain et l’augmentation des aides versées aux fédérations du continent.

Ce soutien institutionnel ne garantit toutefois pas à Infantino les 54 voix africaines. Chaque fédération nationale vote individuellement et dispose d’une seule voix. L’histoire des élections à la FIFA montre que les associations africaines ne suivent pas systématiquement les consignes de leur confédération.

Plusieurs fédérations du continent ont néanmoins déjà affiché leur appui au président sortant. Six fédérations arabes — celles du Maroc, de l’Égypte, du Qatar, du Liban, du Soudan et de la Mauritanie — ont notamment publié une déclaration commune lui renouvelant leur confiance.

Rabat au centre de la bataille

Le choix de Rabat comme lieu du scrutin confère au Maroc une position particulière dans cette crise. Le Royaume, coorganisateur de la Coupe du monde 2030 et siège du bureau africain de la FIFA, a officiellement rejoint le camp des soutiens d’Infantino.

Mais la confrontation reste ouverte. Les candidats éventuels auront jusqu’en novembre pour se déclarer, tandis que les alliances constituées autour des confédérations pourraient se fissurer à mesure que l’élection approche.

En l’absence d’un adversaire crédible, Infantino conserve une base importante parmi les fédérations nationales. L’opposition de trois confédérations majeures fragilise néanmoins son autorité et transforme le prochain Congrès en véritable vote de confiance.

En appelant à laisser parler les urnes, Motsepe replace la bataille sur le terrain statutaire. C’est donc à Rabat, et non dans les lettres ouvertes ou les menaces de boycott, que l’avenir de la présidence de la FIFA devrait finalement se décider.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *