Une analyse couvrant la période 1990-2025 montre que l’inflation au Maroc demeure historiquement modérée, avec des cycles généralement plus courts et moins prononcés que dans de nombreuses économies avancées et émergentes.
L’évolution de l’inflation au Maroc confirme l’ancrage de l’économie nationale dans un régime de hausse modérée des prix, malgré les chocs extérieurs successifs auxquels le Royaume a été confronté, selon une analyse de Bank Al-Maghrib fondée sur les données du Haut-Commissariat au Plan (HCP).
Couvrant la période allant de 1990 à 2025, l’étude relève que les épisodes inflationnistes enregistrés au Maroc se caractérisent généralement par une durée plus courte et une amplitude plus limitée que ceux observés dans de nombreuses économies avancées et émergentes.
Cette évolution traduit une relative stabilité des prix à long terme. Une notion qui ne signifie pas que les prix sont restés inchangés, mais que leur progression s’est maintenue, sur l’ensemble de la période, à un rythme globalement modéré.
Une économie exposée aux chocs importés
Le Maroc n’a pourtant pas été épargné par les turbulences internationales. Les fluctuations des cours du pétrole et des matières premières, les tensions sur les chaînes d’approvisionnement, la pandémie de Covid-19 et les conséquences des conflits internationaux ont régulièrement exercé une pression sur les prix intérieurs.
L’économie marocaine reste notamment sensible au coût des importations énergétiques et alimentaires. Cette dépendance explique qu’une partie importante des poussées inflationnistes trouve son origine dans des facteurs extérieurs, parfois amplifiés par les conditions climatiques et leurs effets sur la production agricole nationale.
Malgré cette exposition, les hausses ont généralement été suivies de phases de décélération relativement rapides, empêchant l’installation durable d’un régime de forte inflation.
Une stabilité à distinguer du pouvoir d’achat
L’analyse sur le long terme ne doit toutefois pas occulter les difficultés ressenties par les ménages lors des épisodes de forte hausse. Une inflation modérée en moyenne peut s’accompagner de renchérissements beaucoup plus importants pour certains produits essentiels, particulièrement l’alimentation, l’énergie et le transport.
La stabilité macroéconomique des prix ne signifie donc pas que leur niveau est revenu à celui qui précédait les poussées inflationnistes. Un ralentissement de l’inflation indique uniquement que les prix augmentent moins rapidement, et non qu’ils diminuent.
Selon Bank Al-Maghrib, la maîtrise de l’inflation reste essentielle pour préserver le pouvoir d’achat, assurer la visibilité des entreprises et favoriser une croissance économique durable. La stabilité des prix constitue d’ailleurs l’objectif principal assigné à la politique monétaire de la Banque centrale.
Les résultats portant sur la période 1990-2025 mettent ainsi en évidence la résilience du cadre macroéconomique marocain, tout en rappelant la nécessité de rester vigilant face aux chocs énergétiques, alimentaires et géopolitiques susceptibles de raviver les tensions inflationnistes.