L’institution régionale prévoit la poursuite d’une dynamique économique favorable, portée par le rebond agricole, les industries manufacturières, le tourisme et les investissements dans les infrastructures. Les incertitudes géopolitiques et énergétiques continuent néanmoins de peser sur les perspectives.
Le Fonds monétaire arabe (FMA) se montre optimiste quant aux perspectives de l’économie marocaine. Dans son rapport Perspectives de l’économie arabe 2026, l’institution prévoit une croissance de 5,2% pour le Royaume cette année, malgré un environnement international marqué par de fortes incertitudes économiques et géopolitiques.
Cette progression serait soutenue par l’amélioration de la production agricole, après plusieurs années affectées par la sécheresse, ainsi que par le dynamisme des industries manufacturières et la bonne tenue des activités touristiques.
La poursuite des investissements publics et privés, notamment dans les infrastructures de transport, les équipements urbains et les projets liés à l’organisation de la Coupe du monde 2030, devrait également contribuer à l’activité.
Agriculture, industrie et tourisme
Le redressement attendu du secteur agricole constitue l’un des principaux moteurs de la croissance en 2026. L’amélioration des conditions pluviométriques devrait favoriser la production céréalière et soutenir les revenus dans les zones rurales.
Les activités non agricoles continueraient parallèlement de bénéficier des performances des secteurs automobile, aéronautique, agroalimentaire, textile et phosphatier. Le développement des capacités industrielles et l’intégration croissante du Maroc dans les chaînes de valeur internationales renforcent la contribution de ces branches à l’économie nationale.
Le tourisme conserve également une dynamique favorable, portée par l’augmentation des arrivées internationales, l’amélioration de la connectivité aérienne et les investissements réalisés dans les capacités d’accueil.
Le FMA anticipe ainsi la poursuite d’une performance positive en 2026 et 2027, même si son ampleur dépendra notamment de l’évolution de la campagne agricole et de la conjoncture mondiale.
Des prévisions qui restent incertaines
Le taux de 5,2% constitue une estimation propre au Fonds monétaire arabe. Il diffère des projections publiées par d’autres institutions, en raison notamment des hypothèses retenues concernant la production agricole, les prix de l’énergie et la demande extérieure.
Dans son Budget économique exploratoire, le Haut-Commissariat au Plan prévoit une croissance de 4,8% en 2026, suivie d’un ralentissement à 3% en 2027, dans l’hypothèse d’une campagne agricole moyenne.
Ces écarts ne constituent pas nécessairement une contradiction. Ils reflètent la forte sensibilité de l’économie marocaine aux précipitations, aux cours internationaux des matières premières et à la situation de ses principaux partenaires commerciaux.
Les tensions extérieures comme principal risque
Les perspectives demeurent exposées à plusieurs facteurs défavorables. Une prolongation des tensions au Moyen-Orient pourrait renchérir les importations énergétiques, détériorer le déficit commercial et exercer de nouvelles pressions sur les prix.
Un ralentissement de l’économie européenne pourrait également peser sur les exportations marocaines, les recettes touristiques et les investissements étrangers.
À l’inverse, une bonne campagne agricole, le maintien de la demande intérieure et l’accélération des projets d’infrastructure pourraient permettre à la croissance de se rapprocher de la prévision du Fonds monétaire arabe.
La projection de 5,2% traduit ainsi un scénario favorable, mais conditionnel. Sa réalisation dépendra autant de la solidité des moteurs internes que de l’évolution d’un environnement international particulièrement volatil.