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Starship face à son test décisif : SpaceX tente pour la première fois de placer le vaisseau de Musk en orbite

28 septembre 2026 - 12:37

SpaceX joue lundi l’une des missions les plus importantes de l’histoire de Starship. Après treize vols sur des trajectoires suborbitales, le gigantesque système spatial d’Elon Musk va tenter d’atteindre une orbite terrestre stable, d’effectuer environ six tours de la planète et de déployer 26 satellites Starlink de nouvelle génération. Une réussite constituerait une étape majeure pour un véhicule conçu pour transporter des charges massives dans l’espace et appelé à jouer un rôle dans les futures missions lunaires de la NASA puis, à beaucoup plus long terme, dans les ambitions martiennes de Musk.

Starship doit décoller de Starbase, dans le sud du Texas, au cours d’une fenêtre de 75 minutes s’ouvrant à 12h15 GMT. Haut de 124 mètres, l’ensemble formé par le vaisseau Starship et son gigantesque premier étage Super Heavy effectuera son quatorzième vol intégré, avec cette fois une différence essentielle : les treize précédents avaient volontairement suivi des trajectoires suborbitales. Si les premières phases se déroulent comme prévu, Starship rallumera dans l’espace l’un de ses moteurs Raptor afin de circulariser sa trajectoire et d’entrer véritablement en orbite.

La mission doit durer près de dix heures. Le vaisseau évoluera à environ 275 kilomètres d’altitude, effectuera quelque six orbites autour de la Terre et déploiera 26 satellites Starlink V3, nouvelle génération de la constellation internet de SpaceX. Il procédera ensuite à une manœuvre de désorbitation avant de traverser l’atmosphère et de tenter un amerrissage contrôlé dans le Pacifique, au large de la côte occidentale de l’Amérique du Sud.

Bien plus qu’un nouveau vol d’essai

Atteindre l’orbite ferait entrer le programme Starship dans une nouvelle phase. SpaceX a progressivement expérimenté le décollage du système complet, la séparation des deux étages, le retour du Super Heavy et la rentrée atmosphérique de Starship. Le défi consiste désormais à combiner ces acquis avec une capacité indispensable à tout système spatial opérationnel : placer durablement un véhicule et sa charge utile en orbite.

SpaceX ne cherchera pas à récupérer physiquement les deux étages lors de ce vol. Super Heavy effectuera ses manœuvres de retour avant de se diriger vers une zone d’amerrissage dans le golfe du Mexique, tandis que Starship terminera sa mission dans le Pacifique. La priorité sera de recueillir des données sur le comportement du véhicule en orbite, le déploiement des satellites, le bouclier thermique et la rentrée atmosphérique.

Le lancement des premiers Starlink V3 donne également à cette mission une dimension commerciale. SpaceX compte sur Starship pour déployer cette nouvelle génération de satellites, plus imposants et offrant une capacité de transmission nettement supérieure. À terme, l’entreprise veut pouvoir en placer plusieurs dizaines en orbite lors d’un seul lancement.

La Lune avant Mars

L’enjeu dépasse les seuls projets commerciaux d’Elon Musk. La NASA a retenu une version adaptée de Starship parmi les systèmes destinés à transporter des astronautes de l’orbite lunaire jusqu’à la surface de la Lune dans le cadre du programme Artemis. Avant d’y parvenir, SpaceX devra maîtriser des opérations autrement plus complexes : vols orbitaux fiables, réutilisation rapide, rendez-vous et amarrages dans l’espace et surtout transfert de grandes quantités de carburant entre plusieurs Starship en orbite.

La NASA prévoit de tester une version du futur Starship lunaire lors de la mission Artemis III en 2027, tandis que le retour d’astronautes sur la surface de la Lune est actuellement visé à partir de 2028. Mars appartient à un horizon beaucoup plus lointain. Musk présente Starship comme le véhicule central d’une future architecture capable d’acheminer hommes et cargaisons vers la planète rouge, mais cet objectif dépend encore de nombreuses technologies qui restent à démontrer.

La mission de lundi représente donc une frontière décisive pour le programme. Avant de pouvoir se poser sur la Lune ou prendre la direction de Mars, Starship doit franchir une étape beaucoup plus proche : prouver qu’il peut devenir un véritable vaisseau orbital.

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