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Maroc : les exportations automobiles bondissent de 14,5 % et dépassent 116 milliards de dirhams

03 octobre 2026 - 10:12

La filière automobile marocaine confirme son rôle de locomotive industrielle à l’export. À fin août 2026, ses ventes à l’étranger ont atteint 116,15 milliards de dirhams, en progression de 14,5 % sur un an. Une accélération portée à la fois par la construction automobile, le câblage et les équipements, dans un contexte où l’aéronautique affiche également une croissance particulièrement soutenue.

Les exportations de l’industrie automobile marocaine ont enregistré une nette accélération au cours des huit premiers mois de 2026. Selon les dernières données de l’Office des changes, elles se sont établies à 116,148 milliards de dirhams à fin août, contre un niveau inférieur de 14,5 % durant la même période de 2025.

Cette progression traduit surtout le dynamisme des différentes composantes de l’écosystème automobile installé au Maroc. Les ventes de la branche construction ont augmenté de 19 % pour atteindre 44,747 milliards de dirhams, tandis que celles du câblage ont progressé de 13,9 %, à 44,777 milliards.

La hausse la plus spectaculaire concerne toutefois les équipements extérieurs, dont les exportations ont bondi de 43,6 %, pour s’établir à 3,769 milliards de dirhams. Ces résultats témoignent d’une diversification progressive de la chaîne de valeur automobile marocaine, au-delà du seul assemblage de véhicules.

Le poids croissant de cette industrie repose notamment sur les grands pôles de production de Tanger, Kénitra et Casablanca, auxquels s’ajoute un réseau de sous-traitants et d’équipementiers de plus en plus intégré. À Tanger et Casablanca, les seules usines de Renault Group ont produit près de 200 000 véhicules au premier semestre 2026, dont 84 % ont été destinés à l’exportation. Le site de Tanger affiche une orientation internationale encore plus marquée, avec 95 % de sa production exportée.

Cette forte orientation vers les marchés internationaux constitue désormais l’un des traits structurants de l’industrie automobile du Royaume. En 2025, Renault Group avait produit plus de 394 000 véhicules au Maroc, faisant du pays sa deuxième plateforme industrielle mondiale en volume. La proximité du complexe portuaire Tanger Med, l’intégration des fournisseurs et les infrastructures logistiques contribuent également à raccourcir les chaînes d’approvisionnement vers les marchés européens.

L’aéronautique progresse de plus de 21 %

L’automobile n’est pas la seule branche industrielle à afficher une croissance soutenue. Les exportations du secteur aéronautique ont augmenté de 21,5 %, atteignant 22,969 milliards de dirhams à fin août.

Cette progression est principalement portée par la branche de l’assemblage, dont les ventes à l’étranger ont augmenté de 26,9 % pour atteindre 15,874 milliards de dirhams. Les exportations des systèmes d’interconnexion de câblage électrique, ou EWIS, ont pour leur part progressé de 10,9 %, à 7,019 milliards.

L’agriculture et l’agroalimentaire participent également à la hausse générale. Leurs exportations ont atteint 65,119 milliards de dirhams, soit une progression de 8,3 %. Les seules industries alimentaires enregistrent une augmentation de 13,6 %, avec 31,143 milliards de dirhams de ventes à l’étranger.

La dynamique n’est cependant pas uniforme. Les exportations de phosphates et dérivés ont reculé de 6 %, celles du textile et du cuir de 5,6 %, tandis que le secteur de l’électronique et de l’électricité affiche une baisse de 2,9 %.

Malgré ces replis sectoriels, le bilan global reste orienté à la hausse : les exportations marocaines ont atteint 334,892 milliards de dirhams à fin août 2026, en progression de 8,7 % sur un an.

Dans cette configuration, l’automobile apparaît non seulement comme l’un des principaux moteurs des exportations marocaines, mais aussi comme l’un des secteurs où la montée en gamme industrielle du Royaume est la plus visible. Le défi sera désormais de consolider cette progression en renforçant davantage l’intégration locale, les métiers à plus forte valeur ajoutée et le positionnement du Maroc dans les nouvelles chaînes de production liées à l’électrification des véhicules.

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