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Maroc-Qatar : Doha ouvre la séquence diplomatique d’El Mansouri

03 octobre 2026 - 10:22

Fatima Ezzahra El Mansouri et le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Cheikh Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al-Thani.

À peine engagée dans les consultations pour former son gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri ouvre également ses premiers canaux diplomatiques. Son échange avec le Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al-Thani, constitue le premier entretien officiel annoncé avec un dirigeant étranger depuis sa nomination à la tête du gouvernement marocain. Au-delà des félicitations d’usage, Rabat et Doha ont placé la coopération bilatérale et son approfondissement au centre de leur échange.

Le Qatar figure ainsi parmi les premiers partenaires arabes à établir un contact politique direct avec Fatima Ezzahra El Mansouri depuis sa nomination par le roi Mohammed VI. Vendredi 2 octobre, la nouvelle cheffe du gouvernement s’est entretenue par téléphone avec Cheikh Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al-Thani, qui cumule les fonctions de Premier ministre et de ministre des Affaires étrangères du Qatar. Le responsable qatari lui a adressé ses félicitations pour sa prise de fonctions et lui a souhaité plein succès dans l’exercice de ses nouvelles responsabilités au service du peuple marocain.

La conversation ne s’est toutefois pas limitée au registre protocolaire. Les deux responsables ont passé en revue l’état des relations entre le Maroc et le Qatar et discuté des moyens de renforcer et de développer leur coopération. Plusieurs questions d’intérêt commun ont également été abordées, sans que leur contenu précis soit rendu public. Le communiqué qatari reste volontairement général sur les secteurs concernés, mais l’accent mis sur le renforcement de la coopération inscrit cet échange dans la continuité d’une relation bilatérale déjà dense entre Rabat et Doha.

Le moment choisi donne à cet entretien une dimension particulière. Nommée le 29 septembre par le roi Mohammed VI après la victoire du Parti authenticité et modernité (PAM) aux élections législatives du 23 septembre, Fatima Ezzahra El Mansouri est encore engagée dans la construction de la future majorité. Dès le lendemain de sa nomination, elle a ouvert les consultations avec les formations politiques susceptibles de participer au prochain exécutif. C’est donc avant même l’achèvement de la formation du gouvernement que commencent à se dessiner ses premiers échanges internationaux.

Le contact avec Doha intervient par ailleurs dans un contexte où la nomination de la première femme à la tête du gouvernement marocain suscite de nombreuses réactions à l’étranger. Plusieurs responsables et institutions internationales ont adressé leurs félicitations à El Mansouri depuis le 29 septembre. L’échange avec le Premier ministre qatari se distingue néanmoins par son caractère politique direct et par l’évocation explicite des perspectives de coopération entre les deux pays.

Pour Rabat comme pour Doha, cette continuité s’appuie sur des relations anciennes entretenues au plus haut niveau des deux États. Le Maroc et le Qatar ont développé au fil des années une coopération couvrant notamment les investissements, les échanges économiques et plusieurs secteurs de développement. Les deux monarchies entretiennent également une concertation régulière sur les dossiers régionaux et arabes.

Dans ce contexte, l’appel de Cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani apparaît moins comme une simple formalité diplomatique que comme l’un des premiers signaux de continuité adressés au nouvel exécutif marocain. Le changement à la tête du gouvernement ne modifie pas, à ce stade, les fondamentaux de l’axe Rabat-Doha. Les termes employés à l’issue de l’entretien suggèrent au contraire une volonté partagée de préserver cette dynamique et d’examiner les possibilités de lui donner une nouvelle impulsion.

Pour Fatima Ezzahra El Mansouri, encore absorbée par la constitution de sa majorité, ce premier échange international marque aussi l’ouverture d’un second chantier : celui de l’inscription de son futur gouvernement dans les partenariats diplomatiques et économiques déjà établis par le Royaume. Doha aura été l’une des premières capitales arabes à prendre directement contact avec elle.

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