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Cisjordanie : plus de 500 anciens responsables européens pressent l’UE d’agir contre le projet E1

06 octobre 2026 - 07:39

Plus de 500 anciens ministres, diplomates et hauts responsables européens appellent l’Union européenne et ses États membres à prendre des mesures concrètes contre le projet israélien E1 en Cisjordanie occupée. Parmi les signataires figurent notamment les anciens Premiers ministres français Dominique de Villepin et Alain Juppé, ainsi que plusieurs anciennes figures de premier plan de la politique européenne.

Dans une lettre ouverte publiée ce lundi 5 octobre, les signataires demandent à la Commission européenne de présenter sans délai des propositions législatives visant les acteurs économiques et financiers participant au développement du projet E1 et d’autres colonies israéliennes en Cisjordanie.

Leur initiative intervient alors que ce projet, longtemps gelé avant d’être relancé, entre dans une nouvelle phase. Une première tranche prévoit la construction de plus de 1 200 logements à l’est de Jérusalem.

Un projet particulièrement sensible

Situé entre Jérusalem-Est et la colonie de Maale Adumim, le projet E1 constitue depuis plusieurs années l’un des dossiers les plus sensibles liés à la colonisation de la Cisjordanie.

Ses opposants estiment que sa réalisation accentuerait l’isolement de Jérusalem-Est et compromettrait la continuité territoriale entre le nord et le sud de la Cisjordanie.

C’est précisément ce risque que mettent en avant les anciens responsables européens. Selon eux, la mise en œuvre du projet porterait gravement atteinte à la possibilité de créer à terme un État palestinien territorialement viable et compromettrait davantage la perspective d’une solution à deux États.

De Villepin, Juppé, D’Alema, Leterme et Löfven

La liste des signataires rassemble plusieurs personnalités ayant occupé les plus hautes responsabilités politiques et diplomatiques en Europe.

Elle comprend notamment les anciens Premiers ministres français Dominique de Villepin et Alain Juppé, l’ancien président du Conseil italien Massimo D’Alema, l’ancien Premier ministre belge Yves Leterme et l’ancien chef du gouvernement suédois Stefan Löfven.

D’anciens hauts responsables des institutions européennes figurent également parmi les signataires.

Des mesures financières et commerciales réclamées

Les auteurs de la lettre demandent à la Commission européenne de proposer des sanctions contre les institutions financières et les prestataires de services participant à la réalisation du projet E1 ou à d’autres activités de colonisation.

Ils réclament également l’arrêt des échanges commerciaux entre l’Union européenne et les colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés, ainsi que des mesures concernant les dispositions commerciales de l’accord d’association entre l’UE et Israël.

Les signataires souhaitent que ces propositions soient examinées lors de la prochaine réunion des ministres européens des Affaires étrangères.

Ils regrettent parallèlement que les États membres ne soient toujours pas parvenus à s’accorder sur une réponse commune, alors que plusieurs pays européens ont déjà adopté ou annoncé des mesures au niveau national.

L’UE réaffirme son opposition au projet

L’Union européenne a déjà demandé à Israël d’abandonner le projet E1. Bruxelles considère que les colonies israéliennes en Cisjordanie, y compris dans cette zone, sont illégales au regard du droit international.

Les institutions européennes ont également averti que la réalisation du projet diviserait la Cisjordanie, isolerait davantage Jérusalem-Est et réduirait les possibilités de parvenir à une solution à deux États.

L’appel lancé par plus de 500 anciens responsables européens vise désormais à transformer cette opposition diplomatique en mesures financières, commerciales et politiques concrètes, au moment où le projet E1 revient au premier plan.

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