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Le FMI prêt à soutenir les pays vulnérables face aux conséquences d’El Niño

09 octobre 2026 - 10:17

Kristalina Georgieva alerte sur les risques d’une nouvelle crise alimentaire, aggravée par la hausse des prix de l’énergie et l’endettement croissant de nombreux États.

Le Fonds monétaire international (FMI) se prépare à venir en aide aux pays les plus vulnérables face aux conséquences du phénomène climatique El Niño, dont l’intensité risque d’aggraver l’insécurité alimentaire et de raviver les tensions inflationnistes dans plusieurs régions du monde.

Dans un entretien accordé à l’AFP à Singapour, la directrice générale de l’institution, Kristalina Georgieva, a exprimé ses inquiétudes concernant un épisode El Niño d’une intensité supérieure à la moyenne. Ses effets sur les récoltes, les ressources alimentaires et les économies les plus fragiles pourraient accentuer les difficultés déjà provoquées par les crises successives de ces dernières années.

« Nous sommes très préoccupés par El Niño », a-t-elle déclaré, soulignant le risque d’une nouvelle augmentation des prix alimentaires alors que de nombreux pays peinent encore à retrouver une stabilité économique durable.

Des sécheresses aux conséquences déjà visibles

Les effets du phénomène se manifestent dans plusieurs régions. En Amérique centrale, la sécheresse frappe notamment le Corridor sec, où de nombreuses familles rurales dépendent d’une agriculture particulièrement sensible aux variations des précipitations.

Les difficultés d’approvisionnement alimentaire poussent certains éleveurs à vendre rapidement leur bétail avant que le manque d’eau et de nourriture ne provoque de nouvelles pertes. En Inde, les perturbations de la mousson menacent les productions agricoles, tandis que dans le Pacifique oriental, le réchauffement des eaux modifie les déplacements de plusieurs espèces de poissons.

Ces bouleversements fragilisent les communautés de pêcheurs, dont les captures diminuent à mesure que certaines espèces migrent vers des eaux plus profondes.

Kristalina Georgieva a particulièrement cité les petits États insulaires du Pacifique, le Bangladesh, le Laos et certaines régions africaines parmi les territoires les plus exposés. Leur capacité à absorber de nouveaux chocs demeure limitée par la faiblesse des ressources budgétaires et leur dépendance à certains produits importés.

Un soutien financier envisagé par le FMI

La directrice générale a assuré que le FMI était prêt à intervenir si les conséquences économiques et sociales du phénomène devenaient trop lourdes pour certains de ses membres.

Plusieurs pays pourraient avoir besoin de financements extérieurs pour préserver leurs importations essentielles, soutenir leurs populations et limiter les déséquilibres économiques.

L’institution s’inquiète également de la combinaison entre les perturbations climatiques et la hausse des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient. Cette situation pourrait accroître les coûts de production agricole, de transport et de distribution, entraînant une nouvelle pression sur les prix alimentaires.

Les ménages modestes seraient particulièrement exposés à cette évolution, l’alimentation et l’énergie représentant une part importante de leurs dépenses quotidiennes.

Des finances publiques sous pression

Kristalina Georgieva a toutefois mis en garde les gouvernements contre le recours excessif aux subventions énergétiques généralisées.

Après la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, le choc inflationniste et la hausse des taux d’intérêt, de nombreux États ont vu leur dette et leurs coûts d’emprunt progresser fortement. Dans ces conditions, prolonger indéfiniment des dispositifs de soutien coûteux devient difficilement soutenable.

La responsable du FMI recommande donc de mieux cibler les aides publiques afin de protéger les populations les plus vulnérables sans aggraver davantage les déficits budgétaires.

Elle a également évoqué les risques liés aux investissements massifs dans l’intelligence artificielle. Si ce secteur constitue un moteur potentiel de croissance, une perte brutale de confiance des investisseurs pourrait provoquer des mouvements de capitaux déstabilisateurs.

Les tensions sur les marchés obligataires, notamment aux États-Unis, au Japon et en Europe, représentent un autre sujet de vigilance pour l’institution.

L’avertissement du FMI souligne ainsi la fragilité d’une économie mondiale confrontée à plusieurs chocs simultanés : dérèglements climatiques, hausse des coûts énergétiques, inflation alimentaire et endettement public.

Pour Kristalina Georgieva, seule une coopération internationale coordonnée permettra de limiter les conséquences de ces crises sur les pays les moins armés pour y faire face.

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