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La pauvreté mondiale repart à la hausse : 1,2 milliard de personnes touchées, dont 617 millions d'enfants

12 octobre 2026 - 09:16

Pour la première fois depuis la création de l’indice mondial de pauvreté multidimensionnelle en 2010, le nombre de personnes concernées augmente. Le dernier rapport du PNUD et de l’Université d’Oxford révèle que les enfants représentent 51,5 % des populations touchées et que la pauvreté demeure massivement rurale.

La lutte contre la pauvreté enregistre un inquiétant revers à l’échelle internationale. Quelque 1,2 milliard de personnes vivent aujourd’hui dans une situation de pauvreté multidimensionnelle aiguë, selon le rapport 2026 publié ce lundi 12 octobre par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l’Initiative d’Oxford sur la pauvreté et le développement humain (OPHI).

Ce chiffre représente 18,9 % des 6,3 milliards d’habitants couverts par l’étude, qui porte sur 108 pays. Il marque une rupture dans l’évolution de l’indicateur : pour la première fois depuis son lancement en 2010, le nombre de personnes confrontées à ces privations progresse, avec 51,5 millions de personnes supplémentaires par rapport à la précédente actualisation, sur une base comparable.

Les enfants représentent plus de la moitié des personnes pauvres

L’un des constats les plus préoccupants concerne la place de l’enfance dans cette crise sociale. Selon le rapport, 617 millions d’enfants et d’adolescents de moins de 18 ans vivent dans la pauvreté multidimensionnelle, soit 51,5 % des personnes touchées. Près d’un enfant sur trois dans les pays étudiés est concerné.

Ces privations ne se limitent pas au manque de revenus. Elles peuvent se traduire par une alimentation insuffisante, une scolarisation interrompue, l’absence d’électricité ou des difficultés d’accès à l’eau potable et à l’assainissement. Lorsqu’elles se cumulent dès les premières années de vie, elles compromettent durablement les perspectives d’éducation, de santé et d’insertion économique.

La pauvreté des enfants constitue ainsi un enjeu qui dépasse la seule protection sociale immédiate. Elle interroge la capacité des sociétés à empêcher la transmission des inégalités d’une génération à l’autre.

Une pauvreté profondément ancrée dans les territoires ruraux

Le rapport souligne également l’ampleur des disparités territoriales. Environ 83 % des personnes vivant dans la pauvreté multidimensionnelle résident dans des zones rurales, où les difficultés d’accès aux infrastructures et aux services essentiels peuvent accentuer les situations de vulnérabilité.

L’Afrique subsaharienne demeure particulièrement touchée, avec 616 millions de personnes concernées, soit plus de la moitié de la population de cette région couverte par les estimations.

L’indice mondial de pauvreté multidimensionnelle repose sur dix indicateurs regroupés autour de trois dimensions : la santé, l’éducation et les conditions de vie. Il permet de mesurer l’accumulation de privations qui échappent parfois aux statistiques fondées uniquement sur le revenu.

Un recul mondial qui appelle à la nuance

La hausse constatée ne signifie pas que tous les pays connaissent une dégradation identique. Une partie de l’augmentation du nombre de personnes pauvres s’explique notamment par la croissance démographique et l’actualisation des données.

Le rapport relève d’ailleurs que 33 pays ont réussi à réduire de moitié leur indice de pauvreté multidimensionnelle en moins de quinze ans. Ces progrès montrent que des politiques coordonnées dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’habitat et des services publics peuvent produire des résultats durables.

La progression mondiale constitue néanmoins un signal préoccupant à l’approche de l’échéance de 2030 fixée par les Objectifs de développement durable des Nations unies.

Le défi de la réduction des inégalités

Pour les pays engagés dans des politiques de développement territorial, notamment le Maroc, ces résultats rappellent l’importance de dépasser une approche exclusivement monétaire de la pauvreté. L’accès à une école de qualité, aux soins, à l’eau, à l’électricité et aux infrastructures de base demeure déterminant pour améliorer durablement les conditions de vie.

Le rapport mondial ne permet pas, à lui seul, de tirer des conclusions sur l’évolution récente de la pauvreté au Maroc. Il met cependant en évidence l’importance de politiques sociales adaptées aux réalités locales et capables d’atteindre les populations les plus éloignées des services essentiels.

Le constat du PNUD et de l’Université d’Oxford est d’autant plus préoccupant que les enfants constituent désormais la majorité des personnes touchées. Derrière les chiffres, c’est la capacité de millions de jeunes à grandir, apprendre et construire leur avenir qui se trouve directement engagée.

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