À moins de trois semaines de l’expiration du mandat de la mission onusienne au Sahara, António Guterres multiplie les échanges avec ses responsables. Les discussions interviennent dans un contexte diplomatique marqué par la place croissante du plan marocain d’autonomie et par la recherche toujours inachevée d’un règlement politique.
Le dossier du Sahara revient au premier plan de l’agenda diplomatique des Nations unies. À New York, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a rencontré séparément son envoyé personnel pour le Sahara, Staffan de Mistura, et le chef de la MINURSO, Alexander Ivanko, alors que le Conseil de sécurité doit se pencher sur l’avenir de la mission avant l’expiration de son mandat, prévue le 31 octobre.
Ces consultations interviennent à un moment où deux dimensions du dossier se rejoignent : la recherche d’une issue politique au différend et le maintien d’un dispositif international chargé de suivre la situation sur le terrain.
Pour les Nations unies, l’enjeu consiste à préserver les conditions nécessaires à la poursuite du processus diplomatique, tout en évaluant le rôle que la mission peut continuer à jouer dans un contexte régional et international en évolution.
Deux interlocuteurs, deux dimensions du dossier
Les entretiens menés par António Guterres mettent en évidence la complémentarité des responsabilités confiées à Staffan de Mistura et à Alexander Ivanko.
Le premier conduit les efforts diplomatiques du secrétaire général en vue de favoriser une solution politique. Son action repose sur les consultations avec les parties concernées et les acteurs internationaux susceptibles de contribuer à la reprise d’un dialogue constructif.
Le second dirige la MINURSO, dont les activités relèvent du suivi de la situation sur le terrain dans le cadre du mandat défini par le Conseil de sécurité.
Cette distinction est importante. Les démarches de l’envoyé personnel concernent les perspectives d’un règlement négocié, tandis que la mission assure des fonctions opérationnelles et de liaison qui ne se substituent pas au processus politique.
À l’approche de la fin du mandat, ces deux dimensions font l’objet d’une attention particulière au siège des Nations unies.
Le Conseil de sécurité face à l’échéance du 31 octobre
La date du 31 octobre constitue la prochaine étape institutionnelle du dossier. Le Conseil de sécurité doit examiner les conditions de poursuite de la MINURSO et déterminer les orientations qu’il entend retenir.
Une éventuelle reconduction du mandat permettrait de maintenir la présence de la mission. Elle ne signifierait toutefois pas, à elle seule, que les divergences politiques à l’origine du différend sont résolues.
Le débat porte ainsi sur la manière d’articuler le dispositif onusien avec les efforts de négociation, dans une situation où la recherche d’une solution durable demeure l’objectif affiché de la communauté internationale.
Les consultations engagées par le secrétaire général participent à cette préparation diplomatique, même si leur contenu détaillé et les éventuelles recommandations qui en découleront ne sont pas précisés dans les informations disponibles.
Le plan d’autonomie au cœur des discussions diplomatiques
Cette séquence intervient dans le prolongement de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée en 2025, qui a accordé une place centrale à la proposition marocaine d’autonomie dans la recherche d’une solution négociée.
Rabat défend cette initiative comme le cadre d’un règlement politique sous souveraineté marocaine. Le Front Polisario maintient, pour sa part, sa revendication d’autodétermination, ce qui illustre la persistance du désaccord sur l’issue du processus.
Les soutiens exprimés par plusieurs États à l’initiative marocaine constituent un élément du contexte diplomatique. Ils ne dispensent cependant pas les acteurs concernés de rechercher une solution dans le cadre des Nations unies.
La question essentielle reste donc celle des conditions dans lesquelles les positions peuvent être rapprochées, au-delà des déclarations de principe et des évolutions du rapport diplomatique.
Le rôle des États-Unis dans les équilibres diplomatiques
L’implication américaine constitue également un élément de cette phase de consultations. Washington dispose d’un rôle important au Conseil de sécurité et dans les discussions relatives au dossier du Sahara.
La position des États-Unis en faveur de la souveraineté marocaine et leur soutien au plan d’autonomie donnent à leur engagement diplomatique une portée particulière. Ils participent néanmoins à un cadre multilatéral dans lequel les décisions du Conseil de sécurité et les démarches du secrétaire général conservent leurs fonctions propres.
À ce stade, les informations disponibles ne permettent pas d’anticiper les termes exacts de la prochaine décision du Conseil ni d’en déduire une évolution déjà acquise des positions des différentes parties.
Une échéance institutionnelle, un défi politique plus large
À l’approche du 31 octobre, les rencontres d’António Guterres avec Staffan de Mistura et Alexander Ivanko témoignent de l’attention accordée au dossier du Sahara par le secrétariat général des Nations unies.
Le renouvellement éventuel de la MINURSO représente une décision importante pour la continuité de la présence onusienne. Mais la portée politique de cette échéance dépendra également des perspectives qu’elle laissera ouvertes à la négociation.
Entre les positions défendues par les parties, les soutiens diplomatiques internationaux et les responsabilités du Conseil de sécurité, le dossier reste soumis à une exigence centrale : transformer les consultations en conditions favorables à un règlement politique durable.
C’est à cette articulation entre présence sur le terrain et relance diplomatique que se mesurera la portée de la prochaine séquence onusienne.