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Maroc : plus de 29 milliards de dirhams investis dans 14 grands barrages pour renforcer la sécurité hydrique

19 octobre 2026 - 08:58

Face à la raréfaction des ressources en eau et aux effets du changement climatique, le Maroc poursuit un vaste programme de construction et de surélévation de barrages. Quatorze grands ouvrages sont actuellement concernés, avec une capacité de stockage supplémentaire ou aménagée annoncée à plus de 5 milliards de mètres cubes.

Le Maroc accélère le développement de ses infrastructures hydrauliques afin de renforcer sa capacité de mobilisation des ressources en eau et de réduire sa vulnérabilité face aux épisodes de sécheresse. Quatorze grands projets de construction ou de surélévation de barrages sont en cours de réalisation, pour un investissement global dépassant 29 milliards de dirhams. Selon les données relatives à l’avancement de ces chantiers, leur capacité de stockage annoncée atteint 5,038 milliards de mètres cubes, même si les calendriers de livraison et les niveaux d’exécution varient considérablement d’un ouvrage à l’autre.

Plusieurs infrastructures se trouvent désormais à un stade très avancé. Dans la province de Taounate, les travaux du barrage Sidi Abbou sont achevés à 100 %, avec une capacité de retenue de 200 millions de mètres cubes. Le barrage Aït Ziat, dans la province d’Al Haouz, affiche également un taux d’exécution de 100 %, pour une capacité de 185 millions de mètres cubes, tandis que sa mise en service est programmée pour 2027. Dans la province de Driouch, le barrage Béni Azimane, doté d’une capacité de 44 millions de mètres cubes, est réalisé à 98 %, avec une finalisation prévue avant la fin de l’année 2026.

Plusieurs ouvrages proches de leur achèvement

D’autres projets enregistrent également des taux d’avancement importants. Le barrage Targa Oumadi, dans la province de Jerada, atteint 90 % de réalisation pour une capacité prévue de 287 millions de mètres cubes. Dans la province d’Azilal, le barrage Oued Lakhdar affiche un taux de 86 %, avec une capacité de 150 millions de mètres cubes. La surélévation du barrage Mokhtar Soussi, dans la province de Taroudant, est réalisée à 83,5 % et doit porter sa capacité à environ 280 millions de mètres cubes, avec une livraison annoncée pour 2027.

Le barrage Boulaouane, dans la province de Chichaoua, présente pour sa part un taux d’avancement de 81 %. Cet ouvrage, d’une capacité de 66 millions de mètres cubes, mobilise un investissement d’environ 1,356 milliard de dirhams. Dans la province de Taourirt, les travaux de surélévation du barrage Mohammed V atteignent 77 %, avec un objectif de capacité de 980 millions de mètres cubes. Le barrage Kheng Grou, dans la province de Figuig, est quant à lui réalisé à 78 % et devrait disposer d’une capacité de 1,07 milliard de mètres cubes.

Des chantiers stratégiques jusqu’en 2030

Certains ouvrages nécessitent des délais de réalisation plus longs. Le barrage Tamri, dans la région d’Agadir, affiche un taux d’avancement de 39,5 %, avec une capacité prévue de 204 millions de mètres cubes et une livraison programmée pour 2029. Dans la province de Taounate, le barrage Ratba, l’un des projets les plus importants du programme, atteint 55 % de réalisation. Sa capacité annoncée est de 1,9 milliard de mètres cubes, pour une mise en service envisagée à l’horizon 2030.

Dans la province de Sefrou, les travaux du barrage Rabat El Kheir ont atteint 26 %, avec une capacité prévue de 124 millions de mètres cubes. Le barrage Bou Ahmed, dans la province de Chefchaouen, n’en est qu’à 1 % de réalisation, tandis que le projet de surélévation du barrage Imfout, dans la province de Settat, demeure à ses premières étapes.

Parallèlement, neuf grands barrages ont déjà été réalisés ou reconstruits, représentant une capacité globale annoncée de deux milliards de mètres cubes. Le programme national prévoit également la construction de 155 petits barrages entre 2022 et 2027, pour un investissement estimé à 6,2 milliards de dirhams. Seize ouvrages sont achevés et quinze autres sont en chantier, tandis que quatre projets de barrages moyens mobilisent environ 1,9 milliard de dirhams.

Au-delà des investissements engagés, l’enjeu reste celui de l’efficacité à long terme de ces infrastructures. L’augmentation des capacités de stockage constitue un levier essentiel pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable, soutenir l’agriculture et mieux gérer les périodes de sécheresse. Elle ne saurait toutefois suffire sans une gestion rigoureuse de la demande, une réduction des pertes dans les réseaux et une adaptation des usages agricoles à la disponibilité réelle des ressources.

Dans un contexte de pression climatique croissante, la sécurité hydrique du Maroc dépendra autant de sa capacité à construire de nouveaux ouvrages que de son aptitude à préserver et à utiliser durablement chaque mètre cube d’eau disponible.

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