Le président de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption, Mohamed Benalilou, a fait état de 15 plaintes à caractère électoral transmises au ministère public. Sept des douze dossiers évoqués ont donné lieu à des arrestations, selon le responsable.
La lutte contre les irrégularités électorales a occupé une place importante dans les activités de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC). Son président, Mohamed Benalilou, a révélé que douze dossiers liés aux élections avaient été soumis aux autorités compétentes et que les interventions engagées dans sept de ces affaires avaient abouti à des arrestations. Ces déclarations ont été faites vendredi à Rabat, à l’occasion de la présentation du rapport annuel de l’institution au titre de l’année 2025.
Selon Benalilou, l’Instance a reçu quinze plaintes relatives aux opérations électorales, toutes transmises au ministère public, avec lequel elle a assuré un suivi des suites réservées aux signalements. Le responsable n’a toutefois pas précisé le nombre total de personnes interpellées ni la nature exacte des infractions présumées. Ces arrestations ne préjugent pas de la culpabilité des personnes concernées, qui demeure soumise à l’appréciation de la justice.
Des dispositifs numériques pour le suivi des plaintes
Afin d’améliorer le traitement des signalements, l’INPPLC a développé une application spécialement consacrée aux plaintes électorales, ainsi qu’une plateforme d’échange électronique avec le ministère public. Ces outils doivent permettre de renforcer la coordination institutionnelle et d’assurer une meilleure traçabilité des dossiers transmis aux autorités judiciaires.
Répondant aux interrogations sur la visibilité de son institution durant les échéances électorales, Mohamed Benalilou a affirmé que l’Instance avait pleinement exercé ses prérogatives. Il a notamment évoqué l’élaboration d’un rapport de près de 200 pages consacré à l’intégrité des élections, ainsi que la publication d’un guide de l’électeur pour des élections intègres, diffusé à grande échelle.
L’institution a également accueilli à son siège des observateurs étrangers chargés du suivi des scrutins, dans le cadre de ses activités liées à la promotion de la transparence électorale.
Une intervention limitée aux compétences institutionnelles
Le président de l’INPPLC a tenu à distinguer les responsabilités de son organisme des manifestations politiques qui accompagnent habituellement les campagnes électorales. Selon lui, l’Instance n’a pas vocation à intervenir dans les opérations de mobilisation sur le terrain ni dans les confrontations verbales entre candidats et formations politiques. Son action doit rester encadrée par ses compétences légales et respecter les principes d’objectivité et de neutralité.
Benalilou a également indiqué que l’institution avait pris l’initiative de formuler un avis sur les projets de lois électorales, bien qu’elle n’ait pas été officiellement saisie à ce sujet. Ce document a ensuite été adressé aux présidents de la Chambre des représentants et de la Chambre des conseillers.
Ces révélations mettent en lumière le rôle des mécanismes institutionnels de prévention et de signalement des irrégularités électorales. Elles soulèvent également la question du suivi judiciaire des dossiers et de la transparence des procédures, deux éléments essentiels pour apprécier l’efficacité réelle de la lutte contre les pratiques susceptibles de porter atteinte à l’intégrité des scrutins.