Le porte-parole du gouvernement, Samir Belfkih, a précisé les circonstances de la décision de relever Madiha Khiyer de ses fonctions, quelques jours après sa nomination. L’exécutif invoque une appréciation politique et institutionnelle visant à préserver la cohésion de la majorité et à poursuivre le processus constitutionnel de son installation.
Le gouvernement marocain a apporté des précisions sur les circonstances ayant conduit à la révocation de Madiha Khiyer, récemment nommée ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle et de la Qualification. Dans un communiqué rendu public dimanche 18 octobre, son porte-parole, Samir Belfkih, également ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, a expliqué que cette décision faisait suite aux controverses apparues après la nomination de la responsable gouvernementale, notamment à la circulation d’informations personnelles présentées comme étant de nature judiciaire et médicale.
Selon le communiqué, l’exécutif a estimé nécessaire d’intervenir rapidement, sur la base d’une évaluation politique et institutionnelle partagée par les différentes composantes de la majorité gouvernementale. Cette démarche répondrait à une volonté commune de préserver les conditions nécessaires à la réussite de la nouvelle équipe et d’éviter que les polémiques entourant certaines nominations ne détournent le débat public des priorités gouvernementales et des attentes des citoyens.
Une décision prise dans le cadre de l’article 47 de la Constitution
Le porte-parole a précisé que la cheffe du gouvernement avait soumis au roi Mohammed VI une demande visant à relever la ministre déléguée de ses fonctions, conformément aux prérogatives prévues par le quatrième alinéa de l’article 47 de la Constitution. Le souverain a donné une suite favorable à cette demande, comme l’a indiqué un communiqué du Cabinet royal.
Cette disposition constitutionnelle permet au chef du gouvernement de solliciter auprès du roi la fin des fonctions d’un ou de plusieurs membres de l’exécutif. Dans le cas de Madiha Khiyer, les autorités présentent donc la décision comme relevant d’une procédure institutionnelle régulière, sans annoncer de conclusion judiciaire concernant les informations ayant circulé après sa nomination.
La majorité veut tourner la page de la polémique
Samir Belfkih a insisté sur le caractère urgent de la réponse gouvernementale, qu’il a présenté comme une manifestation de responsabilité politique. L’objectif affiché consiste à permettre à la nouvelle équipe de poursuivre les étapes de son installation constitutionnelle, notamment l’investiture parlementaire, avant d’engager la mise en œuvre de son programme.
Cette décision intervient dans une phase particulièrement sensible pour l’exécutif, alors que la composition du gouvernement et la répartition des portefeuilles font l’objet d’une attention soutenue. Elle met également en évidence la difficulté de concilier les exigences de responsabilité politique, la transparence entourant les nominations et le respect de la vie privée des responsables publics.
Si le gouvernement privilégie une lecture institutionnelle de cet épisode, plusieurs interrogations demeurent, notamment sur les procédures de vérification précédant les nominations ministérielles et sur les critères permettant de distinguer une controverse politique d’éléments juridiquement établis. La communication officielle ne détaille ni le contenu des informations ayant circulé ni leur éventuelle portée judiciaire.
Au-delà du départ de Madiha Khiyer, cette affaire pose ainsi la question de la capacité du nouvel exécutif à prévenir les crises de nomination et à préserver la confiance publique, sans transformer des données personnelles non vérifiées en accusations.